1037 – The Grinder

Est-ce que vous savez comment fonctionne une cuvette de toilettes ?

Non, sérieusement. Vous savez ? Je suis quasiment certain que non. Et on ne peut pas vous en vouloir. En même temps, ça intéresse qui le mécanisme des chiottes quoi ? Sans compter le syndicat de la plomberie qui compte bien sur votre ignorance totale et absolue en la matière pour faire leur beurre. Bref, les chiottes, c’est chiant. Donc imaginez-moi passer plusieurs heures face à ma cuvette ouverte, à me gratouiller la barbe de deux semaines, à comprendre comment ça fonctionne. Parce là c’est la misère : ça fuit à l’intérieur, ça fuit au fond, ça fuit dehors (même le robinet fermé). En gros si jamais mes toilettes étaient inflammables, elles auraient explosées, emportant avec elles la moitié du onzième arrondissement. Cherchez pas, je fatigue.

Ces derniers temps, les petits trucs qui me pourrissent la vie se multiplient. L’arrivée d’eau au-dessus de ma douche qui plic-ploque. La photocopie à la con qui manque dans mon dossier de changement d’opérateur téléphonique. La photo d’identité à faire pour pouvoir signer mes papiers de stage. Numéricable persuadé que j’ai pas payé mes factures alors que si et me relance. Le justificatif de domicile que je dois envoyer à Zavvi pour qu’ils me remboursent un jeu Xbox jamais arrivé. Ressusciter mon sèche-cheveux. Trouver un revendeur Nokia pour faire réparer mon N97 que je puisse le revendre ou le stocker. Tout ça et bien plus encore étant encore à faire à l’heure où j’écris ces lignes, au nez et à la barbe de mon groupe de travail qui se fait saigner par les oreilles à force de réfléchir à 23h sur le partiel de demain.

En fin de semaine prochaine je rentre chez ma mère. La triste vérité c’est que plus que revoir mes amis, ma famille et ma ville, je vais apprécier avoir rien à foutre, me laisser porter par la haute autorité parentale. Oui j’abuse, mais ça nous donnera des raisons de nous engueuler pour des broutilles. Ca stimule la communication familiale ! Puis j’aurai un peu de temps, pour dormir, réfléchir, travailler, écrire. L’amoncellement de petites corvées sur Paris grignote de plus en plus mon temps libre. Au point que discuter avec mes potes, sortir boire un coup, devient dangereusement une corvée vu qu’au final je pars me coucher sans avoir eue une heure pour moi, à moi, rien qu’à moi. Post partiels je vais pouvoir cocher pas mal de trucs dans le second paragraphe. Bouffée d’oxygène, avant le grand bain, celui avec des impôts et tous ces trucs qu’en tant qu’étudiant je n’avais pas à me soucier.

Enfin, tout ça étant conditionné au sauvetage de mes toilettes. Car, contrairement à vous, je commence à COMPRENDRE comment ça fonctionne. J’ai IDENTIFIE le problème. Je vais faire la nique aux plombiers et j’en profiterai pour pimper mon battant en en achetant un trop badass.

Quand j’aurai le temps.

D’ici là je garde ma casserolle à côté de la cuvette.

Plic.

Ploc.

489 – Pressing Urges

Ce n’est pas un scoop, j’ai que très (trop ?) peu fréquenté les boîtes de nuit. Ca ne m’empêche pas d’avoir un très bon souvenir de chiottes de club. C’était au Queen, sur les Champs, je reboutonnais ma braguette quand j’ai vu une fille canon fourrer sa main dans son sous-tif. Elle réajustait ses seins, les pelotant sévèrement au passage, le buste penché en avant face au miroir. A ce jour, j’ignore si c’était une des plus belles ou des plus glauques choses qu’il m’ait été donné de voir. Si je vous parle de filles, de boîtes et de toilettes, c’est à cause d’une copine. Au détour d’une conversation nocturne, elle m’a confié qu’elle restait traumatisée que l’homme avec qui elle a passé plusieurs années d’amour romantique tout plein s’était auparavant envoyé une biatch contre la faïence de toilettes clubbing. L’occasion pour moi de dégainer ma dernière théorie.

Baiser en levrette dans les chiottes d’une boîte de nuit est un des actes d’amour les plus purs qui existent. Permettez moi d’utiliser tous les neurones qui feraient mieux de rédiger mon mémoire pour vous prouvez mon postulat de départ. Deux personnes qui se prennent à l’arrache dans des toilettes, elles ne se sont pas entre-baratinés pendant des heures juste pour arriver à coucher. Le mental n’entre donc absolument pas en ligne de compte, pas plus que l’épaisseur du CV ou la profondeur du compte en banque. Non, juste deux personnes dont les cerveaux reptiliens sont en overdrive, qui ne tolèrent plus les pulsions et qui les habitent et qui vont relâcher la pression parce que c’est la chose la plus simple, évidente et naturelle à faire. Il s’agit de la mort de l’hypocrisie, de la sincérité faite fellation ou levrette.

On se retrouve avec un acte sexuel qui est juste ça, un acte sexuel, pas une déclaration d’amour, une tentative de manipulation ou autre sous-entendu purement cognitif. Le mec est du coup moins pervers que s’il avait vrillé la tête de la fille juste pour le sauter et la fille est moins salope que si elle se tire au petit matin sans jamais un coup de fil. En ce qui me concerne, les gens qui baisent dans les chiottes en boite sont des héros, des anarchistes de l’ordre établi et des carcans sociaux merdiques. A ce stade, je dois admettre la pointe de jalousie entre mes mots. J’ai fait quelques trucs cools de mon cul, mais pas ça. Je ne bois pas, je ne sors que rarement en club. Peut être plus tard, quand je serai auteur hype et que je prendrai une groupie à l’abri des regards indiscrets, je lui collerai une claque de remerciement sur la fesse.

Oui, des fois j’écris absolument n’importe quoi. Mais c’est l’été bordel, la chaleur, le célibat, les anecdotes de filles au bout du MSN. Ne me jugez pas !
Demain, top 3 !

005 – A Good Writer Is A Clean One

Bon, après un interlude marketing il est temps de repasser aux choses sérieuses. Je lève le voile, en l’occurrence le rideau, sur la douche ! (ou de la douche du coup). Petite précision préalable, ça marche aussi avec une baignoire.

Souvent (jamais), au détour d’une rue de la capitale, on me demande : « Ben ! Ben ! Où trouves-tu tes incroyables (minables) idées ?!! ». Ce à quoi je réponds dans un sourire et un tapotement paternel sur l’épaule : « Mais dans la douche mon cher Timmy voyons ! ».

Je m’explique. Quand on se douche, on est tout nu. Jusque là vous suivez. Mais surtout on est totalement coupé du reste du monde, à moins de mettre la radio mais là ça nique ma théorie donc passons. Force est de constater que quand on ferme les yeux pour se passer le jet d’eau sur le visage, on ne pense plus vraiment à quoi que ce soit de précis. Et là, parfois, il se passe un truc spécial. A partir d’absolument rien, quelque chose s’impose à votre esprit. On rouvre les yeux et quelque chose s’est débloqué dans votre cerveau. Un problème s’est résolu. Un titre qu’on cherchait désespérément, un rebondissement scénaristique qui résout tout ou un pitch plein de promesse, voilà ce qui vient d’apparaître de nulle part. La vérité toute nue, que je me dois d’admettre, c’est que j’ai trouvé mes meilleures idées sous la douche (et ce sans gel douche hallucinogène je précise).

Je suis sûr qu’avec ça je peux avoir d’encore meilleures idées…

Alors j’en entends déjà dire « Ouais mais là Ben tu nous racontes n’importe quoi ! ». Sauf que, par esprit scientifique, régulièrement je pose la question à mes camarades scribouillards. Dis mec, est-ce que tu ponds tes scénars à poil dans l’eau ? La réponse est bien souvent oui. Cet état de fait se retrouve chez les petits auteurs comme chez les grands à succès. La douche et ses vertus scénaristiques sont une constante absolue. Le tout c’est de jouer le jeu. Il faut éteindre la radio, ne parler à personne, ne pas forcer l’idée. Au final c’est une surprise autant qu’un cadeau. Dommage qu’il faille être tout nu et trempé ceci dit.

Attention ! Cette règle à une dérivée : celle de la cuvette des toilettes. Bon, pas chez moi en l’occurrence. Il s’avère en effet que mes toilettes ressemblent plus à la bibliothèque nationale qu’à des latrines. Donc pour le moment d’abandon et de vide cérébral, c’est perdu. Mais je connais certaines personnes pour qui cela a pu fonctionner. Vingt minutes assis sur le trône tel le penseur de Rodin et hop ! Un scénario ! Peut-on pour autant statuer du fait que les pruneaux sont l’arme ultime du scénariste en mal d’inspiration ? Je vous laisse trancher.

Tout ça pour dire que la prochaine fois que vous prendrez une douche, faites gaffe, vous pourriez pondre un chef d’œuvre sans vous en apercevoir.

La prochaine fois, je parlerais de mon amour des gros mots. J’ai hâte !

BONUS STAGE !!!

Vous ne pensiez pas que j’allais passer à côté quand même…