1085 – Kind Of Book Review 172

Icegirl, c’est quoi ton bouquin préféré ? En quoi ça t’intéresse ? Je sais pas, si jamais je veux mieux te connaître, je pourrai le lire. Ou je sais pas. Je trouve qu’un bouquin préféré ça en dit beaucoup sur qui on est. Donc ? Donc c’est quoi, ton bouquin préféré ?
Elle plissa les yeux un moment.
Je pense que c’est “A la croisée des mondes”. Le truc de la boussole d’or ? Ouais. Mais ça s’appelle pas comme ça en vrai, ça c’est le film. Puis en fait c’est une trilogie. Faut lire les trois. Surtout que les deux derniers sont beaucoup mieux.
Trois livres ? J’étais un peu emmerdé, j’avais signé pour éventuellement un bouquin, pas trois.

Une fois de retour chez moi, j’avais mis le premier volume de la trilogie culte de Philip Pullman sur ma wishlist Amazon. Je me suis renseigné et j’ai découvert que oui, c’est culte, c’est considéré comme l’excellence de la fantasy pour jeunes adolescents, que ça peut aussi parler aux adultes, que c’est une charge frontale contre la religion et l’église. Quand bien même. Trois livres de fantasy, c’est un poil trop à mon goût. Pendant deux ans j’ai laissé trainer Northern Lights (le titre US, Golden Compass étant le titre UK) sur ma liste cadeaux. De temps en temps, je cliquais dessus, je relisais la description. Puis j’allais acheter un autre truc. L’été dernier j’avais failli me porter acquéreur d’un coffret intégral en boutique. Mais les trois d’un coup, alors que j’étais pas sûr. A mi chemin de la file d’attente en caisse j’ai renoncé.

Puis la semaine dernière, finalement, j’ai triple cliqué sur la version numérique. De Northern Lights. C’était pas particulièrement cher, et je n’avais vraiment rien de mieux à lire. En pleine période de disette littéraire, rien ne sortant en cette fin d’hiver. J’ai plongé. Peut-être aussi parce que cette promesse de lecture me ramène deux ans plus tôt, avec ce que ça implique. Et je ne regrette pas. Limite je m’en voudrais presque de ne pas avoir attaqué la trilogie His Dark Materials plus tôt. Après un rentrage dans le livre laborieux, j’ai lu crescendo jusqu’au bout. Mais je ne vais pas vous en parler. Déjà parce que beaucoup d’entre vous connaissent déjà. Ensuite parce qu’il est très clair que c’est un roman qui ne tient pas tout seul, qui ne peut aucunement se satisfaire à lui-même. Autant tout chroniquer d’un coup.

J’ai donc acheté et commencé à bouloter le second tome. Et je vous parlerai de Northern Lights en même temps que je vous parlerai des autres. Peut-être qu’entre les deux je vous décortiquerai le film foiré. Si ça vous intéresse.

Sinon, vous pouvez quand même le lire et l’acheter en poche pas cher, yeux fermés. C’est très bien.

1039 – Unfinished

En ce moment je joue à Enslaved sur Xbox et j’ai pas envie de le finir. Non pas que ce jeu sorti cette automne entre deux autres blockbusters de bâtards ne soit pas bon. Non pas qu’il soit si bon pour autant. Le problème c’est qu’en cumulé Enslaved a vendu en tout et pour tout moins de 500 000 exemplaires. Ce qui, pour une production de cette envergure, est un flop retentissant et une violente perte pour l’éditeur. Une nouvelle licence avec peu de moyens marketings renvoyé se faire suicider juste avant les fêtes. Enslaved n’avait aucune chance, alors qu’il est agréable, très joli et touchant. Un vrai jeu d’aventure sympa comme on en fait pas assez. Si je ne veux pas le finir, c’est que je sais que l’histoire s’achève sur un cliffhanger.

Promesse d’une suite qui n’arrivera jamais, faute de succès.

Je suis quelqu’un de curieux en matière de jeux vidéo, attiré par ce qui est un peu différent, par ce qui ose et qui ambitionne. Enslaved réinvente le mythe du roi-singe dans un univers post apocalyptique mais coloré. Deadly Premonition tente de concurrencer les meilleurs jeux d’horreur avec un budget pathétique mais une tonne d’idées. Advent Rising se voulait fresque space-opéra écrite par le culte Orson Scott Card. Et ainsi de suite. Parfois ces jeux survivent, comme Mirror’s Edge il y a deux ans qui, malgré des ventes vraiment faibles, est à priori sauvé par son éditeur qui pense pouvoir sauver la licence. Bien trop souvent, ces jeux se vautrent, par manque de moyens, de reconnaissances ou quelques défauts trop prononcés. Le pire étant quand ils se voulaient début de trilogie ou saga, abandonnées pour toujours.

C’est le moment ou jamais de reparler de Shenmue, l’un des meilleurs jeux de l’univers. Souvent j’entends dire qu’on est allé plus loin en termes de narration, de monde ouvert de mécaniques de jeu depuis 1999. Peut-être, mais jamais cela n’aura été au service d’un jeu se déroulant dans « la vraie vie », avec un héros qui doit aller dormir, travailler, peut jouer à des petits jeux non pas dans un univers de far west ou de mafieux, mais de vrai monde. Parce qu’aucun jeu ne s’est jamais autant rapproché de notre vraie vie, Shenmue restera pour moi une gifle inégalée. Qui s’est achevée sur un cliffhanger de fils de pute. Qui ne sera vraisemblablement jamais résolu. Parce que c’est trop cher et que ça ne rapporte pas assez. Tristesse et mélancolie depuis presque dix ans. Il faut l’avoir vécu jusqu’au bout pour le comprendre je crois.

Je n’ai pas envie de finir Enslaved, parce que dans une moindre mesure, ça me fera pareil. Peste soit les marketeux de Namco-Bandai, peste soit la majorité des gamers neuneus incapables de voir plus loin que le bout de la lunette de leur fusil virtuel.
La fin d’Enslaved approche, la gifle aussi. Mais j’ai apprécié le voyage, et rien pour ça, merci à ceux qui ont osé prendre le risque d’essayer autre chose.

LAUNCH TRAILER STAGE !!!

941 – Book Review 156

C’est étrange d’avoir des amis dans l’édition. Par exemple ça permet de mettre la main sur des collectors. Cet été, j’ai pu tripoter un exemplaire des épreuves de la traduction française de Leviathan, de Scott Westerfield. Je vous en avais parlé l’année dernière et c’était très bien. Les épreuves c’est les exemplaires à corriger, donc imprimés avec une couverture pourrie, des illustrations en basse définition et le texte bourré de fautes d’orthographes. Le tenir entre mes mains m’a étrangement motivé à briser ma règle des trilogies littéraire qui veut que je n’aille jamais au bout. Tout début octobre sortait Behemot, le second volume de la saga steampunk pour ado. Il faut dire que j’étais aussi curieux de voir comment allaient être traitées les illustrations (chaque roman comportant plusieurs dizaines de pleines pages dessinées) au format numérique sur mon Kindle.

La guerre fait rage en Europe en ce début de vingtième siècle. L’héritier de l’empire Ottoman, Alek, se cache des conspirateurs Allemands qui veulent l’empêcher de monter sur le trône. Lui et sa garde rapprochée ont rejoint l’équipage du Leviathan, un monstre génétique volant habité par des anglais et leurs créatures expérimentales. Au sein de « l’autre camp », il peut néanmoins compter sur Dylan, ou plutôt Deryn. La jeune fille s’était faite passer pour un homme afin d’intégrer l’armée britannique. Malheureusement la guerre a éclaté et la voilà enrôlée, risquant chaque jour de voir sa couverture compromise. Le Leviathan est en route pour Istanbul, où les anglais espèrent convaincre le Sultan de renoncer à une alliance avec les Allemands afin d’éviter que la guerre ne continue à se propager.

La mauvaise nouvelle, c’est que Behemot souffre prodigieusement du syndrome du second tiers d’une trilogie. En gros il ne se passe rien de significatif. Attention le livre fourmille d’une tonnes d’idées, de très bons moments, de rebondissements et compagnie. Mais les personnages et la trame en général terminent le volume quasiment au même endroit où ils l’avaient entamé. Enfin, pas tout à fait mais j’espérais une grosse révélation ou une mise en danger sur la fin. Il faut croire que Westerfield garde tous ses atouts pour le dernier tome pour dans quelques mois. Les illustrations de Keith Thompson sont toujours magnifiques et plus présentes que dans Leviathan si je ne m’abuse. Par contre effectivement sur un écran d’eReader c’est pas l’idéal. On peut zoomer mais on reste limité par la taille de l’appareil et la faiblesse de la résolution de la technologie eInk.

Ceci étant dit je n’ai pas boudé ma lecture, ni mon plaisir. Behemot se mange sans faim. C’est cool, c’est frais, c’est du steampunk pour les enfants qui n’en veulent et si j’avais eu ça à douze/quatorze ans, j’aurais doublement kiffé. Je serai là pour la conclusion. En attendant vous pouvez checker et offrir la version française.

BUY STAGE !!!

Leviathan VF : 18,05€ sur Amazon FR

Behemot VO : 12,37€ sur Book Depository

(7.25$ de plus d’economisés en Kindle)