843 – Cine Club 101

De temps en temps je me rappelle que de l’autre côté de la manche y’a un tas de rosbeefs qui font des films qui ne sortent jamais chez nous. Prenez Exam par exemple. J’en ai entendu parler par le toujours indispensable Io9 qui nous annonçait sa sortie sur le circuit des festivals US. La bande annonce était bien sexy, à mi chemin entre Cube, Saw et un film social. Sympa. Puis je suis toujours intrigué par les auteurs complets (scénario / réalisation / production), à fortiori sur un premier film. Même si le Stuart Hazeldine a quand même écrit le discutable Knowing. Exam a tout de même décroché une nomination aux BAFTA (British acamedy of film and television arts, un truc cool) dans la catégorie meilleur premier film (en gros). Pas de date de sortie chez nous. Alors que les ricains attendent de pouvoir y jeter un œil, le blu-ray du film est déjà disponible. Ni une ni deux, zou dans ma besace.

Huit candidats à un poste à haute responsabilité sont réunis dans une salle sans fenêtres pour l’examen final qui pourra les départager. L’examinateur leur expose les règles. Il leur est interdit de communiquer avec le garde, ils n’ont pas le droit de « souiller » leur papier, et ils ne doivent pas sortir de la pièce. Toute infraction sera punie par une disqualification immédiate. Ils ont quatre vingt minutes pour répondre à une seule question par une seule réponse. Pas de questions ? Go. Problème : le papier portant leur numéro est vierge. Pas de consignes, rien. Alors que le compte à rebours s’égrène, les candidats décident de faire équipe pour déterminer ce qu’ils doivent faire. Au fil de leurs discussions et essais, ils apprennent peu à peu pour quelle gigantesque entreprise ils postulent, et quelle est leur raison d’être ici. Mais arriveront t’ils à ne pas craquer face à la pression.

Bon. J’aime bien l’idée de l’unité de temps et de lieu. Le film se passe à peu près en temps réel, dans une seule pièce et avec dix acteurs. Boum. Le film ne se cache pas non plus d’être un jeu, une devinette géante. Comme dans un Saw le spectateur sait qu’on lui donne des indices et qu’il y aura quelques twists à la fin. Si le film est bien écrit, alors les twists seront logiques et juste ce qu’il faut pour passer inaperçu pendant les quatre-vingt dix premières minutes. Pari à moitié gagné dans Exam, avec une révélation très logique, évidente et bien fichue, une qui triche un peu car imprévisible et une dernier qu’on voit venir gros comme une maison depuis une heure. Premier petit écueil pour Exam. Le second est le fait que les personnages agissent de manière assez stéréotypée (le noir est violent, le blanc est un connard, la blonde est froide, l’arabe a un passé de tortionnaire) et manquent du coup un peu d’épaisseur.

Alors effectivement, vu la solution du truc, on se dit un peu que le film mouline un tas de péripéties ultra compliquées qui ne se justifient qu’à moitié, genre si quelqu’un avait deviné tout de suite (même par accident, vous verrez). Mais j’ai un petit faible pour le background, tout ce qui se passe hors de la pièce. Car l’univers est, là encore paradoxalement, très riche et bien foutu, même si pas très exploré du coup.

Un moment sympa sur un film qui à la classe avec un tout petit budget. Finalement ça vaut le coup de passer l’Exam.

TRAILER STAGE !!!

428 – Cine Club 54

Jeudi je regardais Hot Fuzz pour la quatrième fois avec une jolie fille et une pizza (WIN !). Elle (la fille, pas la pizza) n’arrêtait pas de s’exclamer que ce film c’était quand même un grand n’importe quoi, que c’était incompréhensible qu’on ait filé autant de thune pour produire ça. Après tout, le pitch d’Hot Fuzz n’est t’il pas « Bad Boys II dans la Corrèze anglaise ». Tout ça c’est la faute de Shaun Of The Dead. Tourné avec un budget moyen, le premier film d’Edgard Wright à démontré que le film de genre pouvait attirer le grande public en ne se prenant pas au sérieux. D’où la carte blanche pour un second long-métrage (la fameuse “Licence To Be Awesome”. Avec Hot Fuzz, il était temps pour la team de réalisateur/scénaristes/acteurs de continuer sur leur lancée, produire un grand foutoir d’action et de comédie, mais tout en faisant ça avec une précision d’orfèvre et une qualité finale irréprochable.

Le sergent Nicholas Angel (Simon Pegg : Shaun, Star Trek) est le policier le plus efficace de tout Londres, tellement que Bill Nighy (1 film anglais sur 2), son supérieur, l’envoie se faire voir dans l’arrière pays, histoire que ses collègues arrêtent de paraître n’être qu’une bande de bras cassés. Son nouveau coéquipier, Danny (Nick Frost : Shaun, Good Morning England) est un gentil incapable fan de buddy movies tandis que le reste du commissariat du petit village de Stanford préfère se la couler douce plutôt que d’être tatillon sur l’application de la loi. Mais lorsqu’une série d’accident rempli la morgue de la ville, Nicholas soupçonne qu’un meurtrier est à l’œuvre dans la bourgade trop tranquille. Encore faut-il convaincre le reste des forces de l’ordre qu’une machination œuvre au crime, tapis dans l’ombre de la campagne.

Dit comme ça, ça peut paraître un peu étrange. Mais cinq minutes devant le film et on comprend que l’on est pas en face d’un téléfilm de l’Inspecteur Derrick. La réalisation est ultra moderne, hache son montage de manière agressive pour conserver une dynamique presque épuisante. Tous les plans du film sont ultra travaillés, fourmillant de petits détails qu’il est impossible de tous remarquer à la première vision. Il en va de même pour les blagues, jeux de mots ou autres trouvailles visuelles, allant du vulgaire de base jusqu’à la plus délicate des subtilités. Le film enchaîne ses deux heures sans temps mort jusqu’à un final d’anthologie, complètement absurde et bourrin. Ca pète de partout, les références à Bad Boys II et Point Break s’enchaînent entre deux répliques complètement classes à base de « Yeah Motherfucker ! ». Hot Fuzz est aussi riche que généreux, preuve qu’avec du savoir faire l’on peut obtenir un objet magnifique formellement et possédant une réelle épaisseur dans le fond. Tout simplement intestable.

Le plus beau, c’est que Shaun et Hot Fuzz ne sont que les deux premiers opus d’une trilogie de revisite du film du genre par la même équipe. Le troisième épisode, annoncé depuis quelques temps, ne pourrait arriver assez vite. Accessoirement c’est le genre de films qui prouve que si on avait des couilles et du talent, il y aurait moyen de mettre la misère au cinéma d’action mondial en tournant un truc avec des vieux dans le trou du cul de l’arrière pays Français. Quand les roastbeefs nous filent une claque de plus… Shame on us !
Demain on causera de travail acharné.

AWESOME TRAILER STAGE !!!

Petite précision, si vous regardez Hot Fuzz autrement qu’en VOST, vous ne valez pas mieux que les terroristes.