De temps en temps je me rappelle que de l’autre côté de la manche y’a un tas de rosbeefs qui font des films qui ne sortent jamais chez nous. Prenez Exam par exemple. J’en ai entendu parler par le toujours indispensable Io9 qui nous annonçait sa sortie sur le circuit des festivals US. La bande annonce était bien sexy, à mi chemin entre Cube, Saw et un film social. Sympa. Puis je suis toujours intrigué par les auteurs complets (scénario / réalisation / production), à fortiori sur un premier film. Même si le Stuart Hazeldine a quand même écrit le discutable Knowing. Exam a tout de même décroché une nomination aux BAFTA (British acamedy of film and television arts, un truc cool) dans la catégorie meilleur premier film (en gros). Pas de date de sortie chez nous. Alors que les ricains attendent de pouvoir y jeter un œil, le blu-ray du film est déjà disponible. Ni une ni deux, zou dans ma besace.

Huit candidats à un poste à haute responsabilité sont réunis dans une salle sans fenêtres pour l’examen final qui pourra les départager. L’examinateur leur expose les règles. Il leur est interdit de communiquer avec le garde, ils n’ont pas le droit de « souiller » leur papier, et ils ne doivent pas sortir de la pièce. Toute infraction sera punie par une disqualification immédiate. Ils ont quatre vingt minutes pour répondre à une seule question par une seule réponse. Pas de questions ? Go. Problème : le papier portant leur numéro est vierge. Pas de consignes, rien. Alors que le compte à rebours s’égrène, les candidats décident de faire équipe pour déterminer ce qu’ils doivent faire. Au fil de leurs discussions et essais, ils apprennent peu à peu pour quelle gigantesque entreprise ils postulent, et quelle est leur raison d’être ici. Mais arriveront t’ils à ne pas craquer face à la pression.

Bon. J’aime bien l’idée de l’unité de temps et de lieu. Le film se passe à peu près en temps réel, dans une seule pièce et avec dix acteurs. Boum. Le film ne se cache pas non plus d’être un jeu, une devinette géante. Comme dans un Saw le spectateur sait qu’on lui donne des indices et qu’il y aura quelques twists à la fin. Si le film est bien écrit, alors les twists seront logiques et juste ce qu’il faut pour passer inaperçu pendant les quatre-vingt dix premières minutes. Pari à moitié gagné dans Exam, avec une révélation très logique, évidente et bien fichue, une qui triche un peu car imprévisible et une dernier qu’on voit venir gros comme une maison depuis une heure. Premier petit écueil pour Exam. Le second est le fait que les personnages agissent de manière assez stéréotypée (le noir est violent, le blanc est un connard, la blonde est froide, l’arabe a un passé de tortionnaire) et manquent du coup un peu d’épaisseur.

Alors effectivement, vu la solution du truc, on se dit un peu que le film mouline un tas de péripéties ultra compliquées qui ne se justifient qu’à moitié, genre si quelqu’un avait deviné tout de suite (même par accident, vous verrez). Mais j’ai un petit faible pour le background, tout ce qui se passe hors de la pièce. Car l’univers est, là encore paradoxalement, très riche et bien foutu, même si pas très exploré du coup.
Un moment sympa sur un film qui à la classe avec un tout petit budget. Finalement ça vaut le coup de passer l’Exam.
TRAILER STAGE !!!



