Super Sad True Love Story. Perso, j’appelle ça un titre qui a de la gueule. Des mots simples, un ensemble un peu débile mais qui intrigue. Imaginez ma surprise quand j’ai découvert qu’il s’agissait d’un livre se déroulant dans un futur proche et best seller des ventes aux US en même temps. L’anticipation ne vend pas des masses d’ordinaire. A moins que ce ne soit de la satire. Ouf, c’est le cas cette fois-ci. Troisième roman de Gary Shteyngart, Super Sad True Love Story a squatté le haut des classements littéraires tout le mois de septembre, chroniqué des plus grands sites généralistes (NY Times) jusqu’aux plus spécifiques (Io9). Partout le constat était le même : c’est trop bien. Quelques clics plus tard et je m’attelais à la lecture du truc sur mon Kindle d’amour.

Lenny est un juif quadragénaire, fils d’immigrés Russes. Employé dans les nanotechnologies, son travail est de recruter les individus à haute valeur économique pour leur vendre des cures de rajeunissement. Au bout de la formule à plusieurs millions de dollars, l’espoir de vivre pour toujours. Lui-même perturbé par son corps peu attractif, Lenny compense en tombant éperdument amoureux de Eunice, une étudiante coréenne deux fois plus jeune que lui. Traumatisée par les hommes, celle-ci se laisse embarquer à New York, se disant que la gentillesse et le porte-monnaie du quadra suffiront à faire naitre en elle des sentiments. Pendant ce temps au dehors les Etats-Unis sont au bord de l’effondrement. Endettés jusqu’au coup, ils sont à la merci du bon vouloir des banques chinoises et norvégiennes. A moins d’un miracle, le pays tout entier pourrait disparaitre dans la pire catastrophe économique de tous les temps.
En vrai j’ai souffert à la lecture. Principalement parce que je n’ai pas cru une seule seconde à l’histoire d’amour qu’on nous vend. A aucun moment les personnages ne sortent leurs archétypes égoïstes : le vieux cherche une petite jeune avec un beau cul tandis que la coréenne au père abusif cherche seulement la sécurité en attendant de trouver mieux. Si les critiques US ont trouvé des vrais sentiments touchants dans le livre, perso je n’ai rien vu. Ce n’est pas parce que les personnages font de grandes phrases poétiques pour s’auto-convaincre que moi, lecteur, j’y crois. Heureusement que la narration n’est pas trop pénible, alternant entre le journal intime de Lenny et les échanges de mail/msn entre Eunice et ses ami(e)s. Le dernier quart du bouquin relève cependant le niveau, mais uniquement parce que l’intrigue délaisse les personnages pour s’intéresser à l’univers qui les entoure.
Car le worldbuilding est bon. Les gens communiquent avec des espèces de super-téléphones pendus autour du cou, des poteaux dans la rue scannent les citoyens pour leur rappeler de payer leurs dettes, la mode est devenue encore plus vulgaire avec des jeans semi-transparents et tout le monde parle avec un vocabulaire d’hipster du futur (« Duder », « Nee-gro »). Ca en combo avec le fil rouge concernant des Etats Unis, c’est super bien. L’histoire d’amour en carton et les préoccupations existentielles du juif dépressif made in Woody Allen, ça n’a pas fonctionné du tout sur votre serviteur. J’ai beau lire une douzaine de papiers enthousiastes, je ne comprends toujours pas.
Je suis perplexité et déception car, à mon sens, Super Sad True Love Story est très moyen.
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Prix Kindle : 9$99 (yay ! encore 5$75 d’économisé !)





