443 – You Cheap Little Whore

Hier, c’était mon premier et unique pour encore un moment billet sponso. Si j’ai accepté, c’est moins pour la thune que pour aller me faire The Hangover en avant première. Sans parler du fait que c’était au siège de la Warner, dans une petite salle privée de cinquante sièges cuir tendance la vie c’est cool quand on a du pognon. Mention spéciale à la statue grandeur nature de Batman dans le hall. Batman ! Le film était très classieux et j’estime avoir accompli une bonne action en vous en parlant, ce que j’aurais de toute façon fait, payé ou pas. Mais après coup il a fallu que j’écrive un article suivant plein de règles plus ou moins alambiquées et le faire valider avant publication. Et mine de rien, ça m’a un peu hérissé les poils du dos. Parce que de mon point de vue, un blog ça doit surtout servir à raconter ce qu’on veut.

Faut dire que j’ai l’habitude du publi-rédactionnel, ces pubs qui se déguisent en article. J’en ai déjà rédigé un tas, mais il s’agissait de boulots de commande, de publications extérieures à ma petite personne. L’avantage d’un blog c’est d’être son propre rédacteur en chef, de pouvoir vous parler d’une jolie fille extirpée de mon passé tout comme faire la promotion du dernier bouquin que j’ai adoré. A ce propos par exemple, vu mes modestes mais correctes stats, je pourrais gratter des exemplaires gratuits de la part des éditeurs, mais dans la plupart des cas je préfère faire mon client lambda, réduire au maximum les intermédiaires et l’inféodation. Certains camarades s’étaient parfois retrouvés avec des mails d’insultes de la part de Relation Presse dans leur boîte après une critique au vitriol. Je suis critique indépendant dans mon coin, sûrement que je ne verrais pas les mêmes choses si j’étais simplement employé d’une structure.

Tout ça pour dire, que les articles sponso, c’est pas tellement ma came. Il y a eu cette fois, où j’étais en terrasse avec une demi-douzaine de blogueurs et autres marketeux du blog. J’ai balancé que je trouvais les billets sponsorisés quand même très sale. Ou comment être à deux doigts de se faire étriper par l’assemblée. Sur le coup précis d’hier, j’ai préféré réécrire le synopsis avec mon style et feinter pour limiter au max l’envahissement (« Ah nan la bannière en flash, s’pas possible, wordpress.com le supporte pas »). Mais j’ai accompli ma part du deal, tout ça sur l’autel de ma cinéphilie. Normalement je devrais recevoir un peu de pognon. Par chance, je ne suis pas à la rue en ce moment, du coup je n’exclue pas fortement que cette somme soit investie en goodies de concours ou autres trucs très fun pour mes lecteurs. Parce que l’article sponso, si c’est moi qui l’écrit, c’est vous qui le lisez. Mode démago ON : pourquoi je serais le seul à toucher ?

A ce stade vous devez avoir compris mon ambivalence. J’adore toucher et tester des trucs nouveaux, participer à des évènements intéressants et stimulants. Mais à partir du moment où il y a de thune et des consignes rédactionnelles en jeu, ça me met toujours mal à l’aise. Si j’ai refusé des dizaines de propositions pour en n’accepter qu’une au bout de plusieurs mois, ce n’est pas pour rien. Par contre si Nokia veut m’offrir un N97, on peut en parler. Nokia appelle moi !!!
Demain on causera d’une demeurée de mon école et de la connerie cosmique qu’elle a faite.

332 – Thirty Silver Coins

Ce blog à environ onze mois, et la semaine dernière m’est arrivé une grande première : on m’a contacté pour participer à une opération bloggueur ! Holy shit enfin ! Tout ça c’est parce que j’ai clashé ma race avec les gens de la dernière opé où je m’étais incrusté, j’en suis sûr. Là vous vous dites que normalement j’aurais dû conchier la simple idée de vendre mon corps, mon esprit, mon blog à ces foutus corporations malveillantes et capitalistes. Sauf que je suis un petit couillon étudiant en marketing, futur stagiaire en agence de pub. Par conséquent je peux totalement légitimer ma cupidité par ma déformation professionnelle et camoufler le fait que je sois un vendu en faisant un article genre analytique plein de recul méga feinte. Dommage, l’opé était mardi, à Paris. Or à l’heure où je mets cette note en ligne, je suis encore à Lyon.

L’idée du truc c’était de déguiser des blogueurs en panoplie Adidas et les prendre en photo sur un Vespa (oui, il s’agit de cross-marketing, qui est lui-même un mot écran de fumée qui fait bien). Après un jury aurait décerné un grand prix du style couronné d’un scooter dont j’aurais pas eu grand-chose à faire vue mon absence totale de permis et mon sens précaire de l’équilibre. Pas de photo dossier à vous mettre sous la dent, désolé les kids. Y’avait aussi la perspective de squatter à un lancement VIP de collection de la marque. On m’aurait acheté à coup de trucs gratos, j’aurais piqué des petits fours pour chez moi parce que je suis pauvre, j’aurais renversé mon champagne que j’aurais pas eu l’intention de boire au fond d’un décolleté plongeant, j’aurais pris en photo les deux trois people présents en me moquant d’eux. Mais surtout, j’aurais foutu un putain de high kick dans la gueule du responsable d’Adidas pour lui faire comprendre que je n’ai pas apprécié que la dernière exclu Foot Locker Us n’ait pas encore traversée l’Atlantique ! Connard !

M’enfin du coup j’ai grave tapé la discute à la responsable marketing qui avait tenté de me refiler le truc. Au départ c’était pour être sûr de pouvoir me prostituer un autre jour, mais en fait elle est super sympa. C’est pour ça que j’ai consacré mon article à ce non event. Parce que, attention accrochez-vous, elle aura par sa gentillesse fait naître un article en rab’ pour l’opération marketing qu’elle représente. C’est assez balaise de faire en sorte que les invités parlent d’un évènement, alors qu’un mec qui n’est même pas venu ajoute sa pierre à l’édifice des retombées médias, c’est la classe. Le plan machiavélique, c’est qu’elle en retire une substantielle augmentation qu’elle partagera bien entendu avec votre serviteur sous la forme d’une valise plein de BN ! Y’a pas à dire, la gentillesse ça accomplit des miracles. Ecrire des textes érotico-fruités sur son blog aussi remarque.

Tant pis, j’ai toujours mon âme. Enfin, ce qu’il en restait d’avant. Ca veut dire que demain je vais encore devoir faire une vraie note au lieu de copier coller un communiqué de presse. On causera de confrontation des souvenirs.

CULTURE STAGE !!!

Si vous avez pas pigé le titre de cette note, faites un tour sur Google et vous vous coucherez moins coin ce soir. Parce que sur The Best Place on apprend en s’amusant ! (Adibou powa !)

329 – Whoring Out

Une annonce mystérieuse sur un forum spécialisé. Un nouvel éditeur BD qui cherchait des scénaristes pour se lancer, avec notamment des adaptations de films connus. J’avais faim, j’étais intrigué, j’ai répondu. Au l’autre bout du mail, un mec qui se prétend en contact avec Luc Besson pour éventuellement fonder une maison d’édition commune. Sa sent le bullshit mais le gars existe, à sorti quelques titres en micro édition et est banlieusard, bon bonus pour faire triper Luc. Je décide de jouer le jeu, envoie quelques samples de travaux. Il m’appelle, on cause un peu plus et il lâche qu’il aimerait proposer de faire une BD tirée de Taxi. Là de suite je sens le pur plan, max de thune et tout. Du coup j’insiste pour tenter un essai. Car croyez-le ou non, mais j’ai suffisamment de bons souvenirs de Taxi 1 et 2 pour trouver cette opportunité super cool.

Très rapidement j’accouche d’un synopsis. Et là je kiffe. C’est pas tous les jours qu’on écrit une fanfiction en sachant qu’on a des chances d’être payé et publié pour le faire. J’arrive à me convaincre que ce pitch apporte quelque chose, qu’il a une raison d’être, bref que c’est une bonne histoire à raconter. C’est là que ça commence à se corser. En fait l’éditeur en face à des idées assez précises de ce qu’il veut, et, bon, c’est un peu des idées à la con : deus ex machina, rebondissements surréalistes etc… Je fais valider le fait que ses propositions sont limites stupides à mes amis pros avant d’essayer de négocier. Sur le coup j’avais pas pigé qu’il voyait ça comme un album lol à gros nez et moi comme une histoire sérieuse avec de l’humour. Là forcément ça se corse assez vite. Par téléphone et par mail le ton devient moins cordial. J’essaie de lui laisser du terrain mais il a du mal à faire de même de son côté. Et finalement, à travers tout le tact et les tentatives de damage control dont je fais preuve, il réalise que je pense très sincèrement que ses idées sont merdiques.

Au final il m’envoie me faire foutre, parce que je suis pas pro, parce que je suis pédant et que de toute façon c’est lui l’auteur auto-édité alors il a raison et il trouvera quelqu’un d’autre ! Un mois plus tard Besson lui file des dizaines de milliers d’euros, il scénarise lui-même la BD qui fera un flop retentissant. Un an après la création de la boîte, trois sorties en catimini et un échec total et absolu à tous les niveaux. Je dirais bien ce que je pense de la politique de Besson à propos « faut donner sa chance à la banlieue, aux gens qui n’en veulent », mais ce serait mesquin. Si je raconte tout ça c’est à propos de faire la pute. J’ai un rapport bizarre à ça. Car autant je suis prêt à faire des compromis, modifier mon texte pour une publication normale, autant si je dois faire la pute, prendre le risque d’être catalogué comme auteur de supermarché, j’estime que je dois prendre mon pied. J’aurais sûrement touché un beau salaire si j’avais fermé ma gueule et scripté cet album.

Mais je connais un tas de gens qui sont nègres pour d’autres ou se cantonnent à des projets commerciaux. Le souci c’est qu’une fois catalogué et piégé dans un système, c’est difficile d’en sortir. Au bout du compte j’aurais juste écrit une fanfic de Taxi et j’y aurai pris du plaisir. Quand je repense à cette maison morte née, je suis bien content de pas avoir fait partie du naufra

Demain on parlera de mes dettes. Car oui, depuis presque dis ans je trimballe plusieurs centaines d’euros de dettes qui me poursuivent. Trop de mystère !

JEU STAGE !!!

Il reste une seule et unique idée à moi dans le scénario final. Sauras-tu la trouver ? Si ça coince je filerai des indices.

PROMO STAGE !!!

Les petits gars de Ptikado ont apprécié la note Bis de samedi sur mes nouveaux badges bling bling et offrent 10% de réduc sur toute commande passée avec le code THEBESTPLACE sur leur site. Comme ça me fait plaiz, je fais tourner. :)