C’est marrant une couverture. Un titre simple, Room, écrit au crayon de couleur sur un fond blanc, avec une femme derrière Word. Je sais pas, ça me semblait « Girly », ou tire-larme. Un truc pour les meufs quoi. Puis l’histoire d’une mère séquestrée avec son fils ça fait trop bouquin tiré d’un fait divers pour moi. Vous savez, LA technique de débutant quand t’as pas idée. Le prof d’écriture te conseille d’ouvrir un journal et de broder sur une affaire intéressante. C’est un peu la mort de l’imaginaire, la solution de facilité. Sauf qu’à force de lire des avis sur Amazon et face au manque d’attrait du reste de ma liste de lecture, j’ai fini par plongé pour le dernier roman de Emma Donoghue. Une écrivain à succès qui semble un peu le pendant féminin de Nicholas Sparks. Enfin c’est ce que je me suis dit en regardant les couvertures de ses autres bouquins, après mon achat. Mais twist : j’ai complètement surkiffé. Oops.
Aujourd’hui c’est l’anniversaire de Jack. Jack vient d’avoir cinq ans dans Pièce. Sa mère s’est débrouillée pour le dessiner pendant que le garçon était Eteint dans Armoire. Jack n’a connu que Piece. C’est son univers depuis sa naissance. Au dehors il n’y a rien. Tout ce que sa mère l’autorise à regarder à la Tv n’est que Tv, ça n’existe pas vraiment. C’est Tv. Le garçon ne s’ennuie jamais, il a plein de jeux avec sa mère, comme courir le plus vite possible autour de Lit ou relire la dizaine de livres dont ils disposent. Tous les dimanches Il vient. Vieux Nick leur amène de quoi manger pour la semaine à travers Porte, fermée par un verrou à code. Sauf que pour ses cinq ans, la mère de Jack a décidé de lui DéMentir. Elle lui avoue que Pièce n’est qu’un minuscule morceau du monde, que le temps leur est peut-être compté. Et surtout qu’il faut partir, maintenant, avant qu’il soit trop tard. Jack n’a que cinq ans, et Pièce est toute sa vie. Pourquoi il voudrait partir ? Seulement c’est sur lui que tout repose, il est le seul à pouvoir les sauver.
Room est narrativement en pilotage automatique. L’auteur prend son fait divers de base « Une adolescente est séquestrée et violée pendant sept ans » et brode autour de ça le plus logiquement possible. C’est-à-dire qu’elle se contente de répondre à une série de questions : comment a-t-elle été kidnappée ? Pourquoi elle ne s’échappe pas ? D’où vient le gosse ? Et ainsi de suite. Voilà ce que je disais au départ, sur les histoires basées sur des faits divers. C’est facile à faire. C’est TRES facile. Heureusement le parti pris d’Emma Donoghue vient élever le matériau d’origine. En choisissant d’adopter le point de vue d’un enfant de cinq ans, elle donne une dimension inattendue à l’intrigue. L’exercice de faire parler et penser un petit garçon est super casse-gueule, entre le risque de l’écrire trop intelligent ou trop bête. Ici on touche au juste milieu, ce qui force mon respect.
Le seul risque pour le lecteur de Room, c’est d’avoir l’impression qu’on le manipule dans un récit trop bien construit. C’est tour à tout émouvant, tragique ou sinistre. Durant toute la seconde partie du livre je n’ai pas pu décrocher et juste quand je pensais être tiré d’affaire le roman t’en remet une ou deux dans la gueule. Un cynique trouvera ça trop millimétré. Perso, j’ai adhéré à fond. Beaucoup plus que prévu. Ne serait-ce que pour la maitrise du point de vue enfantin et la foule d’idées que ça implique.
Très recommandé.
BUY STAGE !!!
Book Depository VO : 14,14€ FdpIn
(Soit 7.75$ d’économie pour moua en Kindle, faudrait vraiment que je calcule le total là)





