Chaque mois de mai Chuck Palahniuk sort un bouquin. Le type est réglé comme une horloge et accouche d’un roman par an. C’est cool. D’ailleurs j’avais hâte de lire Damned avant qu’il soit repoussé à octobre. En fourbe. Comme j’avais pris mes petits habitudes je suis donc allé voir sa bibliographie pour constater qu’il me manquait plus que deux romans pour les avoir tous lu. Après un rapide sondage sur les internets, on m’a conseillé Rant (Peste en VF) plutôt que Diary. C’était l’occasion de compléter ma collection, en attendant l’automne.

Le refus de ranger Chuck en littérature générale pousse l'édition française dans l'absurdité avec un classement SF.
Buster « Rant » Casey a toujours été un adolescent à problèmes, le genre à sécher les cours pour aller fourrer son bras dans des trous d’araignées histoire de se faire mordre l’avant-bras un bon coup. Au point qu’à force de se faire infecter par tout et n’importe quoi, il s’est retrouvé porteur d’une version modifiée de la rage qui a contaminé tout le pays et cause des vagues de décès depuis des années. C’était après qu’il arrive en ville et s’acoquine avec les Party Crashers, un groupe de noctambules qui passent leurs nuits au volant de grosses voitures dans l’espoir de croiser un des leurs pour emboutir leur carosserie. C’est comme ça qu’ils s’éclatent, dans ce futur proche où pour réguler le flux de population on les divises entre diurnes et noctambules, avec couvre feux dans les deux cas. Mais à en croire certaines personnes, le Party Crashing cache le plus grand des secrets.
Le sous-titre de Rant est « l’histoire orale de Buster Casey ». Parce que le roman entier est rédigé sous forme d’interviews, un peu comme si on regardait un documentaire. Sont interrogés familles, amis, ennemis, petite copine ou expert en virologie et théories du complot. Plusieurs intérêts à une narration de ce type. Déjà ça permet un style d’écriture orale. Palahniuk rédige comme les gens parlent, invente des « voix » et propose un texte accessible. Ensuite ça autorise de raconter l’histoire plus ou moins dans le désordre. Bien que le livre suive plus ou moins la vie de Rant, les interviewés ne peuvent s’empêcher de glisser des anecdotes dans le désordre, ou d’amorcer d’autres bouts d’histoires. Enfin, toutes ces versions ne concordent pas forcément, plusieurs des narrateurs ne sont donc pas fiables.
Ce qui fait que c’est à toi de voir, pour le fin mot de l’histoire. Tu décides ce que tu veux.

Thématiquement Rant est un pot-pourri de l’univers de Palahniuk, avec toujours cette obsession de mettre en scène des freaks qui se rencontrent et s’aiment entre eux. On a des difformités physiques, des légendes urbaines, des descriptions médicales etc… Les fans se retrouvent en terrain connu, bien que tout ne fonctionne pas dans le livre. Quelques passages sont un peu confus, ou long, mais rien de très grave. J’en ressors avec le léger regret de ne pas l’avoir lu plus tôt, à l’époque où je mangeais un Chuck par mois.
Bon, maintenant plus que Diary et je pourrais m’auto attribuer un achievement aussi virtuel qu’invisible. On en reparle.
BUY STAGE !!!
En VO pour 10€, en VF pour 8€.






