1185 – Book Review 196

“We wanted more.”

Je n’ai pas encore trouvé LE site ou LA publication américaine qui me plait pour suivre toute l’actu littéraire outre atlantique. Alors, à défaut, je me fie à l’éditorialisation d’Amazon (leurs 10 livres du mois) et aux pages livres des quelques magazines ou blogs que je feuillette. En aout, un premier roman se dégageait assez pour que j’en entende parler sur plusieurs endroits à la fois. L’auteur, Justin Torres a suivi des cours de littérature, en a donné, en plus d’avoir cumulé quelques autres jobs tels que libraire ou promeneur de chiens (!). Après plusieurs nouvelles publiées, un ou deux prix gagnés, il s’est attelé à un roman qui vient de sortir : We The Animals. Très court livre (140 pages), il lui a permis de sortir de l’anonymat et lui a valu papiers et interviews dans le New Yorker ou encore Esquire. Intrigation de ma part, passage à la caisse, lecture.

We The Animals raconte, par ordre chronologique, une quinzaine de tranches de vie d’une famille pauvre vivant en haut de l’état de New York. Le père est Portoricain, la mère blanche, et les enfants métis. A cheval entre deux communautés, les trois enfants du couple forment leur propre meute. Ils grandissent entre eux et font ensemble l’épreuve de la vie. De leur hauteur ils ne comprennent pas toujours tout ce qui peut se passer entre leur père et leur mère, pourquoi la colère devient désir, pourquoi papa ne rentre pas ce soir, mais finit par revenir. Ces scénettes sont vécues à travers les yeux du plus jeune frère, qui finira par prendre un chemin différent de ses ainés et…

Bon.

Y’a un twist à la fin. Mais je peux pas le dire parce que si je le fais ça flingue un peu le livre. Vu qu’on passe la majeure partie du roman à croire qu’on lit un truc, alors que ça parle d’autre chose en fait. Ce que je peux vous dire, par contre, c’est à quel point We The Animals est bien écrit. Le style est clair, concis, et chaque métaphore ou image est à sa place. Torres ne frime pas, il installe une ambiance, un point de vue. Les anecdotes qui servent de base à chaque chapitre auraient pu être de courtes nouvelles. Encore une fois, l’auteur construit moins un puzzle qu’un patchwork, un album photo écrit d’une famille (dont il avouera en interview qu’elle ressemble à la sienne). On touche à l’enfance, à la fraternité, aux difficultés sociales d’une famille aux faibles revenus. Puis, à la fin, on parle aussi d’autre chose, de la fin de l’innocence, de grandir.

J’essaie de vous dire que We The Animals est très bien. Que ça se lit vite mais que ça vaut le coup. Justin Torres a écrit un premier roman juste et profond. Vous devriez le lire.

BUY STAGE !!!

Un peu plus de 13€ en version reliée.