Samedi je me suis réveillé à quatorze heure trente. J’ai toussé, tentant d’expulser la douleur au fond de ma gorge. Perdu. J’étais quitte pour un début de maladie, ça m’apprendra à sortir en tee jusqu’à minuit. Les pieds à terre au bord du lit, j’ai pris conscience que mes chevilles avaient mal pris mes vingt-deux tentatives de la veille de venir à bout de la cinquième étoile sur Soulja Boy en hard sur la Xbox. Titubant jusqu’au frigo à la recherche de la bouteille de lait, mes pas rythmés par le son de mes articulations en souffrance, j’ai pris la décision que je n’allais prodigieusement rien faire de ma journée. Ce qui commençait par écouter le message de mon boss de mon boulot freelance au black et décréter que je répondrai le lendemain. Je me suis préparé un bol de Chocapics avec un fond de poudre de chocolat blanc et je suis parti lire mes mails.
J’ai passé une grosse heure sur Call Of Duty en hard, à avancer comme dans du beurre, tellement la différence entre very hard et hard est absurde. Puis je me suis douché et semi habillé avec le jogging du mec qui dit qu’il emmerde le reste du monde et ne sortira pas de chez lui de la journée. Par contraste avec l’époque où je faisais un effort conscient de mettre le nez dehors chaque jour. En fin d’aprem’ mon frangin est passé, ramenant un tas de colis arrivés à Lyon, où il avait pu passer un weekend. J’ai donc récupéré un pur nouveau tee, le bouquin dont je vous parlerai dans deux semaines et mon exemplaire d’Alan Wake oublié ces dernières vacances. Je lui avais demandé de prendre sa manette Xbox. On a pu passer plus de deux heures à jouer en coop à Shank puis Kinect Adventures. Quand j’ai refermé la porte derrière lui, j’ai réalisé que le bonheur dans la vie, c’est simple comme partager un jeu vidéo avec son frère.
Il était pas loin de vingt-deux heures quand j’ai diné devant le dernier Supernatural. Une série qui arrive à être trop bien malgré l’absence totale de budget. C’était cool. Un café plus tard et j’étais malade. Ce qui m’a donné l’occasion de bien avancer dans la lecture en retard du bouquin dont j’ai prévu de parler demain. Minuit sonnait sur la vraie fin d’Alan Wake, celle qui te donne un frisson dans le bas du dos et te fait espérer une suite en dépit des faibles ventes. Je suis ensuite repassé sur l’ordi fignoler l’article de blog de dimanche que j’avais commencé à mettre en ligne pendant que mon frangin jouait à Super Meat Boy. L’occasion de mailer le mec du répondeur de ce matin, prendre des nouvelles des gens connectés à Gtalk. Enfin, j’ai mis la tenue la plus grotesque du monde : baskets, bas de pyjama, torse nu. Ou comment compenser les douleurs de la veille pour une dernière heure de Dance Central.
Il était trois heures du matin quand, en nage, je rédigeais les dernières lignes de cette note. Pour la première fois depuis des semaines, j’ai pris une vraie journée pour moi, sans corvées, sans boulot, avec mon frangin, avec ma console.
Ouais, c’était une bien bonne journée.

