Je suis en plein revival de mes années Japon. Depuis des mois me revient l’époque où je tentais d’apprendre la langue. Tout comme l’envie me prend d’aller voir là-bas si j’y suis, pas pour des vacances, mais pour un moment. Alors en attendant je scrute. Et quand j’entends parler en bien d’un livre une fois, deux fois, trois fois, je finis par me pencher dessus. C’est le cas de Tokyo Vice, l’autobiographie de Jake Adelstein, américain devenu journaliste pendant plus de dix ans dans un des plus grands quotidiens du Japon. Préposé à la rubrique criminelle, il s’est fait autant d’amis dans la police que chez les yakuzas, et bien entendu quelques ennemis. Il est aussi rédacteur un chef d’un site qui développer ses anecdotes d’étranger au Japon et est intervenu à ce titre plusieurs fois sur le site de jeux video Kotaku, principalement pour donner l’avis des Yakuzas sur le jeu PS3 Yakuza. A force de revoir passer le bonhomme, j’ai pris son bouquin.
Jake commence son histoire par la fin, dans les années 2000. Il s’est retrouvé dans un bar, face au bras droit d’un grand chef mafieux. Le yakuza le menace, il en sait beaucoup trop sur le patron et s’il continue à fouiner dans ses affaires, il va risquer à la fois sa vie et celle de ses proches. En attendant de décider s’il doit quitter le pays ou tout risquer pour le scoop de sa vie, Adelstein se remémore ses premières années au Japon. Il se souvient de son arrivée et du concours de journalisme pour intégrer le prestigieux Yomiuri. Contre toute attente le voilà qui réussit l’épreuve et intègre une petite équipe de banlieue. C’est là qu’il fera ses armes, à couvrir des affaires de mœurs, des suicides ou des petits larcins. Sa ténacité et son culot le propulseront de nouveau à la capitale, où il sera assigné aux affaires de banditisme, mafia et trafic sexuels. Un milieu rude, qui remettra en question beaucoup de ses préjugés et pourrait bien le pousser à compromettre ses principes. Sans parler des menaces de mort et autres intimidations musclées.
Le livre est épais, mais passionnant de bout en bout. Après l’introduction qui sert à situer le contexte et créer le suspense, la première partie fonctionne comme une suite de nouvelles. Chaque affaire couverte par le quotidien est l’occasion de lever le voile sur un pan de la culture et la société Japonaise tout en résolvant une petite intrigue. La seconde partie du livre est plus continue, et homogène avec des personnages qui vont et viennent ainsi que des affaires qui durent de plusieurs mois à plusieurs années. Les descriptions des réseaux mafieux et du business du sexe à Tokyo sont fascinantes. Adelstein insère juste ce qu’il faut de sa vie privée et de son propre ressenti pour que l’on s’investisse dans son « personnage ». Car s’il n’existait pas des preuves tangibles que tout ceci est vrai (des coupures de presse et rapports sont disponibles sur le site de l’auteur) j’aurais aisément pu croire que je lisais une œuvre de fiction, une œuvre bien écrite et très prenante.
Si vous aimez la culture underground, le Japon, le journalisme, les affaires criminelles, la mafia, vous DEVEZ lire Tokyo Vice. Ça faisait longtemps que je n’avais pas été autant absorbé par un livre et bien qu’il m’ait duré un bon moment, j’aurais aimé qu’il soit deux fois plus épais. Du très bon matos, qui devrait être indispensable pour une bonne partie des curieux.
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