Cette semaine, Watchmen est enfin sorti. Et Watchmen, c’est un peu la galère comme film. Déjà parce que visuellement c’est chelou. On a m’a dit a plusieurs reprises que le look des persos était bizarre, du genre à pas inspirer super confiance. Mokay, c’est pas faux. En plus, tout le monde hurle au génie genre wah putain Watchmen au ciné c’est un trahuc de ouf les mecs ! Sans parler de l’imbroglio juridique quand aux droits du film et le clash inter studio. A côté de ça les feux de l’amour c’est de la gnognotte à suivre. Forcément pour le spectateur lambda c’est typiquement un buzz qui risque de lui filer plus mal au crane qu’autre chose. C’est donc pour ça que je vais, à la manière d’Io9, tenter d’expliquer pourquoi Watchmen c’est de la balle et pourquoi c’est même important d’aller le voir, à la limite de l’acte politique !

Les Watchmen sont un ancien groupe de super-héros, à la retraite forcée depuis que le gouvernement à voté des lois pou réguler les justiciers de toute bord. Lorsque Le Comédien, un ancien Watchmen employé par le gouvernement est retrouvé mort, ses anciens camarades menés par Rorschach décident de mener l’enquête. Quelqu’un s’en prend aux Watchmen et il semblerait que le meurtre ne soit qu’une première étape vers un plan beaucoup plus sinistre.
Situé dans des années 80 parallèles, Watchmen est une œuvre sombre, empruntant aux pires périodes des Etats-Unis pour forger un univers mature et oppressant. C’est le premier obstacle à l’appréhension de l’œuvre. Le second et principal problème quand à l’appréciation de Watchmen c’est que c’est hyper complexe et métatextuel !

Lors de sa sortie, Watchmen a déconstruit le mythe du super héros tel qu’on le concevait à l’époque. En révélant les justiciers comme des névrosés irresponsables, le scénariste Alan Moore a entamé une gigantesque réflexion sur un pan entier de la culture américaine (les justiciers à cape). Car au delà de l’histoire c’est bel et bien de cela dont il s’agit, la scène finale ayant souvent été surinterprétée, avant d’être altérée pour le film afin de ne pas perdre trop de spectateurs. Car réputé infilmable, inadaptable, Watchmen est avant tout un gros pari de la part de Warner Bros. Porté par Zack Snyder, le réalisateur de 300, le long métrage est une des adaptations les plus fidèles d’un comics à l’écran. De sa réussite en salles dépend donc toute une manière de faire hollywoodienne. S’il fonctionne au box office, les décideurs prendront conscience qu’en respectant le matériaux d’origine on peut obtenir de meilleurs films. En cas de flop, préparez vous au retour des adaptations honteuses guidées par le marketing.

Personnellement je ne peux donc que souhaiter le plus grand des succès pour Watchmen. Mais la complexité de l’intrigue, la singularité de l’univers visuel, la longueur du métrage sont autant de gros obstacle pour le grand public, non-geek et facilement effrayé. Forcément, les critiques sont partagées, et la sensibilité de chacun joue vraiment dans l’appréciation de cet ovni. Les premiers chiffres du Box Office US sont d’ailleurs en deça des espérances, ce qui promet un bon suspense sur la durée.
Perso, j’y vais dans la journée, rassuré par le fait que ma note de demain sur mon nouveau stage est déjà dans la boîte.
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