Mer Il Es Fou

En cherchant un peu dans les archives de ce blog, on peut trouver un billet où je fustigeais Sony et sa Playstation 3. C’était à peu près du niveau « rha, mais je vous hais et si jamais je dis le contraire faites-moi manger ma langue hachée menue ». Ou équivalent. Sauf que, et là vous me voyez venir, j’ai changé d’avis.

OHLOL.

Okay, peut-être que les très bonnes pubs de Sony ont joué.

D’un côté je le vis mal, puisque je parjure mon moi du passé et le fait (encore) passer pour un petit con péremptoire qui n’y connaissait rien. De l’autre ça me rassure énormément. Que je change d’avis prouve deux choses : je me suis fait surprendre, et surtout, j’en suis encore capable. Parce que je suis fasciné par le processus de création de préférence, ce qui fait que l’on préfère une marque à une autre, que l’on soit politiquement d’un côté ou d’un autre, et ainsi de suite. La manière dont se forme et se durcit une idée me fascine. J’ai lu par exemple que plus l’on est investi dans une opinion, moins on est susceptible d’en changer. D’ailleurs on finit par tordre l’univers afin qu’il réponde à ce qu’on attend de lui. Par exemple les gens de droite qui lisent la presse de droite.
Sinon la plasticité cérébrale fait que plus on vieillit, moins l’on est capable de changer d’opinion, d’être ouvert aux arguments. J’ai beau savoir que je n’y suis pas encore tout à fait, mais tout de même.

Alors ouais, j’ai changé d’avis, j’aime bien ma Playstation 3, et c’est une excellente nouvelle.

Je crois que le déblocage s’est fait au salon du jeu vidéo, l’E3. Microsoft nous a gratifié sa pire conférence Xbox : aucune nouveauté, des suites presque sans âme, le vide. Si d’un point de vue business cela se défend, d’un point de vue plaisir c’était le désert. Puis Sony est arrivé, a annoncé de nouvelles licences exclusives, a offert plein de jeux aux abonnés Playstation +, se l’est joué encore dans la course. Alors cet été j’ai rallumé ma PS3, j’ai joué à InFamous 2, prenant plus de plaisir de prévu. On m’a prêté Max Payne 3 et j’y ai joué sans rechigner sur autre chose que ma Xbox. Quand pendant les soldes Binary Domain était à 10€ sur PS3 et 35€ sur Xbox je n’ai pas fait le con et attendu. A force j’ai fini par me réhabituer à la manette, au menu, aux installations abusives.

En gros, ma Playstation et moi ça va mieux. J’envisage même la PS Vita, fortement.

Changer d’avis pour le mieux, c’est toujours un bonheur. C’est un truc de moins à détester, et un de plus à kiffer. Un peu comme quand tu réalises qu’un connard est en fait plutôt sympa. Forcément c’est moins cool dans l’autre sens.

Ce que je veux dire, c’est que je ne suis pas encore complètement bloqué, et ça fait plaisir en plus de me rassurer.

Well Played 03

En avril j’ai acheté Persona 3 FES, un jeu Playstation 2, en dématérialisé sur le store US de la Playstation 3. Pour la première fois depuis plus de dix ans j’ai passé plus de 50 heures sur le même jeu. Je dois vous en parler, du coup.

Persona 3 est de ces jeux dont on entend parler régulièrement, sans jamais y avoir joué, sans même savoir de quoi il retourne. C’est en tout cas l’image que j’en avais, d’une curiosité japonaise indispensable mais pas ultra populaire pour autant. Tout juste savais-je qu’il s’agissait qu’un RPG très long. Le temps libre aidant, j’ai lu quelques nouveaux articles à son sujet, étonné qu’on en parle encore une demi-douzaine d’années après sa sortie. Quand j’ai vu que cela se déroulait dans un univers contemporain, j’ai décidé de sauter le pas. Un de mes plus grands plaisir étant les histoires fantastiques se passant chez nous, de nos jours, éloigné de tout monde parallèle. Remember le meilleur jeu de la Nintendo DS : The World Ends With You.

Dans Persona 3, vous êtes “main character”, un jeune garcon (ou fille sur PSP) orphelin, intégrant un dortoir dans une nouvelle ville. Sauf que vous êtes spécial, capables de rester éveillé pendant la Dark Hour entre minuit et une heure du matin, où des monstres attaquent ceux qui y restent piégés. A l’aide de vos petits camarades dotés du même pouvoir vous allez pouvoir casser du monstre en invoquant des Persona (en se tirant une balle imaginaire dans le crâne, joie et élégance). Pendant la journée il faudra vivre un quotidien de lycéen, aller en cours, potasser pour les examens, joindre un club sportif ou artistique, passer du bon temps avec ses amis. Et ce chaque jour, pendant toute une année.

Car un des premiers trucs qui rend fou dans Persona 3, c’est la répétition. Chaque jour DOIT être joué, et impossible de sauter l’école. Tout juste peut-on décider de ne pas bosser sa vie sociale ou ne pas aller visiter la Dark Hour. Mais les amis du jour gonflent la force de vos personas, et il convient d’aller s’entrainer le plus possible la nuit pour affronter les boss qui apparaissent à chaque pleine lune. Le tout étant structuré autour d’un système d’arcanes élémentaires (qui fonctionnent à la manière d’un pierre/feuille/ciseaux), avec des centaines de personas à débloquer, des amis secrets à trouver et des missions optionnelles à accomplir. Quoi qu’on fasse, il est impossible de tout explorer en une seule session, le jeu ne vous en laisse pas le temps.

Sinon, la direction artistique est fabuleuse, tout comme les portraits des personnages, qui respirent ce design japonais classieux et, pour une fois, pas racoleur. Le doublage anglais est à la hauteur de l’écriture et je me suis surpris à trouver plusieurs personnages attachants, et à presque verser une larme à certains moments clefs. Il faut dire que les cinématiques d’animation tradi, même si très petit budgets, participent à cette ambiance de classe généralisée. Point bonus pour la bande son jazzy, que j’écoute depuis pour oublier que j’ai fini le jeu.

Pourtant, au bout de 30 heures j’en pouvais plus. Je matraquais X pour passer les cours (et du coup je me plantais aux exams, COMME DANS LA VRAIE VIE), je priais pour avancer le plus vite possible, je devenais fou quand un instant death abusif me renvoyait au menu.
Alors qu’à 50 je faisais moins le malin. Quoi, c’est déjà fini ? Mais. Pourquoi. Comment. Arrêtez enfin, j’ai pas encore pécho celle que je voulais, j’ai pas encore tous les personas, je… je…

A la fin du jeu, je suis resté interdit, plus que satisfait par la dernière séquence, toute en douceur et frissons dans le dos. Je ne voulais pas faire le chapitre bonus de la réédition FES, pour rester sur cette très bonne fin originale. Putain de bon jeu, à côté duquel j’étais passé par ignorance pendant des années. Honte et bonheur mêlés. J’ai éteint la console, en me demandant. Et maintenant quoi ?

MAINTENANT JE VAIS TRAVAILLER POUR ME PAYER UNE PLAYSTATION VITA POUR ACHETER LE REMAKE ENRICHI DE PERSONA 4 EN OCTOBRE.

Tout simplement.

I Made This VII

En passant

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Spider-Man EST New York L’araignée incarne l’esprit de New York au point d’influer sur le monde réel, chez Pop-Up Urbain

Conseils pour se (re)mettre à la natation  Je partage petites astuces et pro tips pour nager efficacement, chez Madmoizelle

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