Resistance

L’un de mes meilleurs souvenirs de ma première visite à New York il y a trois ans était la célèbre librairie St Mark. Située au sud de l’île, on y trouvait une tonne de bouquins de toutes les langues, des magazines et des revues littéraires. L’année dernière la boutique a failli fermer ses portes, la faute à la concurrence des grosses chaines et d’Amazon qui peuvent se permettre de casser les prix (souvent jusqu’à -40%). Le patron a organisé une collecte de fond et les habitants du quartier ont réussi à sauver leur librairie. L’affaire a fait assez de bruit pour être relayée dans les grands médias, au point que j’aie pu suivre l’aventure depuis Paris. Alors hier je suis repassé devant sur le chemin de ma soirée. C’est là que j’ai remarqué (et photographié) ce signe sur la porte :

Léger début de sentiment de culpabilité, puisque je suis le premier à faire ça (hey je suis sans emploi, et jeune, donc pauvre). Mais tout de même.

J’ai profité du reste de mon séjour pour visiter d’autres librairies, dans d’autres coins de la ville, et force est de constater qu’il en reste mine de rien pas mal. Les temps sont durs, la concurrence du net est rude, mais plusieurs libraires de quartier tiennent toujours. Par contre ils n’hésitent pas à afficher clairement leurs opinions comme sur la porte de St Mark. J’ai par exemple visité une autre boutique qui se propose de livrer les livres à vélo le jour même sans aucun frais supplémentaire. C’est certes toujours plus cher qu’Amazon mais plus rapide, plus équitable et plus écolo. Ce qui tend à prouver que loin de s’enfermer dans une opposition bête et méchante, certaines librairies trouvent des alternatives, mettent au point des solutions.

A l’instar de certains nouveaux lieus parisiens, j’ai observé que pas mal de bouquinistes installent un coin café/bar à l’intérieur de leur boutique, où la lecture est encouragée. Culture US oblige, les étals débordent de livres aux couvertures qui flattent l’œil (souvenirs de mon mémoire de master 1). Certains sont marqués d’une petite gourmette « signed copy », restes du passage d’un écrivain et vendus sans surcoût. J’ai aussi profité de mes visites pour plonger dans le coin des revues littéraires, allant du fascicule imprimé à la maison et agrafé de travers jusqu’au très classe Believer (pour 8$ le numéro au lieu des 15€ de l’édition française traduite en retard, c’était cadeau). Il suffit d’une bonne ambiance et de jolis rayons pour me faire craquer. Mon ADN de pie voleuse fonctionne toujours à plein régime.

Si je suis également allé me perdre dans des comic shop, pour respirer l’odeur du papier glacé, je n’ai cette fois pas mis les pieds dans des grandes chaînes, préférant prendre mon temps et flâner. Manhattan n’a pas trois librairies par pâté de maison comme à côté de chez moi à Paris, mais il reste de quoi faire. Il suffit simplement de s’aventurer un peu plus loin.

2 réflexions au sujet de « Resistance »

  1. Jeune, sans emploi, pauvre… mais en vadrouille à New-York. Difficile de te plaindre 🙂
    (Tu nous fais un french remake de How to make it in America, version libraire ?)

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