Adventure

Môme, j’ai été abonné assez longtemps à Picsou Magazine pour faire la rotation complète des histoires écrites et dessinées par Carl Barks (car oui, le mag republie les mêmes BD cycliquement). Ces aventures mettaient en scène le canard milliardaire à la recherche de trésors aux quatre coins du monde et se terminaient souvent par un gros monstre poilu. Ces classiques ont également bercé l’enfance de Spielberg et Lucas, jusqu’à engendrer (avec d’autres influences) les Indiana Jones. La série culte a inventé, ou tout du moins popularisé, un genre à la structure bien définie. Le personnage principal se met en quête d’une relique issue du folklore, affronte des concurrents, pièges et autres obstacles et, lorsqu’il parvient enfin au trésor, doit choisir de l’abandonner pour des raisons le plus souvent morales. La cupidité ou le manque de respect du mythe des méchants entrainant leur perte.
La formule est claire, parfaitement rodée, et donc aisément reproductible.

Parce que j’étais fan de Barks, j’étais fan de Indiana Jones et j’étais donc fan de Tomb Raider. Qu’il s’agisse des jeux ou des films, la structure était respectée à la lettre, parfois même de façon jusqu’au boutiste. Par exemple à la fin du second film Tomb Raider, Lara décide de tuer son petit ami car il n’est pas capable de renoncer à la relique magique et risque du coup de foutre le bordel sur Terre. Si au bout de vingt ans ce schéma me plait toujours autant, c’est qu’il titille un tas de choses qui me font plaisir. J’aime faire semblant de croire qu’il existe des forces surnaturelles enfouies, des dieux endormis et un tas de trucs secrets recouverts d’or au fin fond des jungles (et des volcans en activité). Et puis cette morale neuneu du « la découverte se suffit à elle-même, la cupidité ou la soif de pouvoir te conduira à ta perte », mine de rien, ça fonctionne pas mal.
J’étais donc tout content que la série des Uncharted vienne combler le vide laissé par l’abandon plus ou moins provisoire d’Indiana Jones et de Tomb Raider.

Sauf que depuis un an ou deux, les scénaristes en charge de tout ce bazar se sont mis à trifouiller la formule originale. Ils ont retiré le fantastique.

J’ai ragé comme rarement à la fin de Uncharted Golden Abyss. On trouve une cité d’or mythique enfouie au fond de la jungle dont tous les habitants sont morts de façon mystérieuse. Jusque-là j’étais à fond. Puis on découvre que l’or est bêtement radioactif. Et Nathan Drake de déclarer « hou là là il faut pas que les méchants le prennent parce que sinon les bourgeoises du monde entier vont choper des tumeurs à cause de leur bague ! ». SERIEUSEMENT ?! C’est ça le super enjeu de la mort qui va pousser le héros à sceller sa découverte ? Enfer et damnation durant la dernière heure de jeu, où on fait juste s’effondrer la montagne et les rombières occidentales sont sauvées. Trop bien. Pendant ce temps le reboot de Tomb Raider m’inquiète au plus haut point.
De tout ce qu’on a vu du jeu, j’ai compté des bêtes sauvages, des cannibales et des mercenaires, mais aucune bestiole maléfique, aucun dieu vengeur, rien. Et plus la sortie s’approche et plus j’ai l’impression que les créateurs du jeu ont décrété que se séparer des éléments fantastiques inhérents à la formule rendent le tout plus « réaliste ».

Peut-être que je me fourre le doigt dans l’œil, et que je retrouverai les araignées géantes qui m’ont fait hurler de peur étant ado, où les démons atlantes du tout premier épisode. Je l’espère. Car sans le mystique, sans l’incroyable, ces jeux et films ne deviennent que de bêtes actionners où les explosions ne combleront pas la quête de sens du joueur/spectateur.

J’ai peur pour un de mes genres préférés, si bien défini et cadré depuis le début. If it’s not broken, don’t fix it.

2 réflexions au sujet de « Adventure »

  1. Pas mieux. Les histoires étaient vien ficelées et les codes posés. Ils sont en train de foutre la merde pour rien. Si on joue aux jeux vidéo, c’est pour rêver, le quotidien on se le tape tous les jours. Redonnez-nous les méchants Dieux et créatures horribles, même si la morale est un peu concon, ça sauve pas mal de choses !

  2. Ha et bien tu vois moi c’est tout le contraire. Pour rependre uncharted 1, ca m’a gonflé à partir du moment ou l’on est tombé sur les espèces morts vivants/bêtes surnaturels alors que tout le reste du jeu était plus ou moins réaliste 😡

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