Quantified Self

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En début d’année, j’ai décidé de commencer à compter des trucs. Et là je peux m’asseoir et faire mes petits comptes de 2012. Par exemple j’ai nagé très exactement 100 475 mètres entre janvier et septembre (après il faisait trop froid). Entre septembre et décembre je suis allé 20 fois prendre 1h30 de cours d’un truc en salle de sport (j’en reparlerai). Je peux aussi sortir le nombre de pompes effectuées dans l’année mais c’est un peu flippant. A l’étage culture j’ai regardé 166 films, terminé 36 jeux vidéo et retenu 24 albums de musique ces douze derniers mois. Des nombres que je peux ressortir de mon chapeau maintenant parce que j’ai pris soin de tout noter au fur et à mesure. Que ce soit sur Nageurs.com, Fitocracy, mon Facebook ou autres outils (comme SensCritique), il y a pas mal de moyen de se souvenir.

Avec ces nouveaux tics, je suis en plein dans une tendance de fond qui est celle de la quantification. Cela va des paranos de la nutrition qui rentrent grammages et calories ingérées chaque jour dans un fichier Excel jusqu’aux marathoniens inscrits à Nike+ qui ont leurs nombres de pas courus dans l’année. L’idée étant que l’on peut réduire à des nombres un tas d’activités humaines. Tout ça dans des buts variés. Je prends en note les films vus pour me rappeler quoi et quand, pouvoir me replonger dans un album photo nostalgie de l’année parcourue. Ou alors je divise mon abonnement annuel à la salle de gym par nombre d’heures passées là-bas : plus j’y vais, moins l’heure me coûte cher. Je rationnalise. Plus basiquement, cela peut aussi aider à manger moins, ou bouger plus. Chacun gère ses névroses comme il le sent.

Il y aura toujours des choses que je n’aurais pas envie de savoir, quand bien même je pourrais les compter. Les heures passées sur internet, le nombre de rapports sexuels, combien de caractères de prose rédigés. Par pudeur ou pour s’éviter la triste réalité, on préfèrera rester dans l’ignorance. Ce n’est cependant pas dans ce sens que le réel semble avancer. Le FuelBand de Nike à mon bras me dit combien d’heures par jour je reste assis, combien de kilomètres j’ai marché hier, la semaine dernière, en novembre. Les appareils de mesure s’incrustent de partout, aux poignets, dans les chaussures. Les applications se multiplient pour compter les brocolis, les coïts ou les jours de pluie. Tout ceci reste optionnel. Mais plus il devient facile de comptabiliser sa vie, plus la tentation est forte.

Pour l’instant toutes ces stats m’aident. Elles alimentent ma motivation sportive, ma nostalgie culturelle, mon envie de progresser. Nul doute qu’en 2013 je trouverai l’envie et le moyen de suivre quelques données de plus me concernant. Tant qu’il demeure des choses que je ne veux pas vraiment savoir, je ne suis pas complètement foutu.

18 réflexions au sujet de « Quantified Self »

  1. La PlayStation Vita à la place des livres ? Je ne sais pas si tu gagnes au change… Et pour un pauvre auteur sans le sou, tu es quand même drôlement bien équipé ! 😉

      • En même temps, en additionnant le prix de tous les bouquin que l’on s’achète (en format papier je précise), tu te payes plus d’une playstation vita. Chacun met ses priorités là où il l’entend, il n’y a pas d’activité plus noble qu’une autre.

      • Il est bien évident que tu fais ce que tu veux de ton argent et que tu te fais offrir ce que tu veux. Mais c’est vrai qu’en te lisant régulièrement, on tombe souvent sur des remarques qui laissent entendre que tu n’as pas de boulot, que tu dois te restreindre un peu financièrement, que ce n’est pas forcément évident d’habiter seul à Paris, etc. Dans ce contexte, c’est surprenant (mais très cool pour toi, bien sûr) que tu puisses jouer à autant de jeux, posséder autant de consoles, partir explorer d’autres continents…
        Tu n’as pas trop l’air d’un starving artist, quoi 🙂
        On parlera de « dissonance cognitive » pour ceux qui ne te connaissent peut-être pas assez pour comprendre comment tu réconcilies les deux (pour les films et la musique, c’est plus clair).

    • Hop hop. J’avais mes consoles avant la fin de mes stages, j’ai voyagé grâce aux piges réalisées ces derniers mois et de manière générale je ne bois pas, je ne fume pas, mon budget ciné+livres c’est 30€ par mois et pour les jeux j’attends que ça baisse, qu’on me prête. C’est comme tout, je me débrouille.

      Je ne mens pas sur mes revenus, je ne triche pas sur mes dépenses, je me débrouille, comme je peux en temps de crise, à faire les fameux « arbitrages ». C’est juste assez sinistre (et je ne parle pas de toi précisément hein) de voir fleurir des petits piques et réflexions dès que je (et « on » s’offre un truc).

      Déjà qu’on emmerde les riches dès qu’ils font des folies, si on commence à hausser le sourcil face aux dépenses de ceux qui gagnent même pas le smic…

      Voilà voilà. 🙂

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