Get In/Get out

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Une de mes amies lyonnaise exploite les sites de rencontre de manière ultra optimale. C’est-à-dire que quand un célibat n’a que trop duré, elle s’inscrit quelque part, poste une annonce, discute un peu, rencontre quelqu’un et, dès qu’elle est à peu près sûre d’elle, efface son compte. La totalité du processus durant au grand maximum une semaine. C’est ce que l’on appelle un plan sans accroc, qu’elle a déjà reproduit avec succès. Et elle n’est pas la seule. A l’automne je discutais avec une fille inscrite sur Ok Cupid pour trouver un amant (avec la bénédiction de son mari, don’t ask). Il lui aura fallu en tout trois jours pour débarquer, poser ses conditions, trouver quelqu’un, repartir. On ne l’aura plus jamais revue.

S’il s’agissait d’un film de braquage, ce serait le film le plus chiant du monde, celui où tout se passe exactement comme prévu.

A l’inverse je suis également fasciné par les filles qui semblent « vivre » sur les sites de rencontre. Que ce soit sur Meetic, Adopte, OKC ou peu importe, elles restent là-bas, dans un coin. Le même endroit où elles seront dans un mois, un semestre, une année. Cela peut être parce qu’elles s’emmerdent et veulent discuter, ou qu’elles veulent plonger dans une piscine infinie de compliments d’inconnus ou plus prosaïquement dans le but de passer d’une rencontre à une autre. On les voit mettre leur profil à jour, changer leur diplôme d’année en année, renouveler leurs profile pics. Ici elles sont des starlettes au même titre qu’il en existe sur Skyblog ou Twitter. Les sites de rencontre sont devenus leur terrain de jeu, leur base d’opération sur internet. Queen bees.

Puis, entre les deux, les autres. Celles qui galèrent avec les gros lourds (et postent leurs conversations sur leur Facebook), celles qui enchaînent les rencards chelous, celles qui ne savent pas trop pourquoi elles sont là, celles qui se connectent une fois tous les six mois. Les gens normaux. Quelque part elles « m’intéressent » moins que les deux extrémités. La fille qui arrive, prend ce qu’elle veut et repart abuse presque du système (elle ne paie rien, elle ne reste pas assez pour valoriser le service) tout comme celle qui squatte éternellement (elle fait perdre leur temps à pas mal de types, déforme le but du site). Et pourtant, elles ont tout à fait leur place là-bas, elles ne font qu’optimiser le service mis à leur disposition. Je serais très curieux d’avoir des statistiques sur ces ceux deux profils, celles qui restent à peine et celles qui s’installent.

C’est pour ce genre de questions que je reste dingue du blog d’Ok Cupid, qui partage régulièrement une tonne de données chiffrées sur ses membres. J’avoue avoir également un début d’envie chaque fois que je vois passer une offre d’emploi chez Meetic et compagnie. Ne serait-ce que pour plonger les mains dans la base de données, d’en tirer une saga de livres de sociologie.

Bonheur.

2 réflexions au sujet de « Get In/Get out »

  1. Souvent, je pense à m’y inscrire. Et à chaque fois, je le vis comme un renoncement. Je ne sais pas comment l’expliquer. J’ai sans doute peur aussi de m’y installer trop longtemps…

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