Book Review 241

Sur la plage de Chesil, de Ian McEwan, m’a instantanément rendu fan de l’auteur. C’est pour cette raison que je m’étais instantanément jeté sur son roman suivant, Solar, pour en sortir finalement déçu. Il me fallait donc un troisième avis, histoire d’être certain. Sweet Tooth est le dernier livre de l’écrivain anglais, sorti à l’automne. C’est aussi mon retour à la lecture de fiction, délaissée depuis quelques mois.

Sweet Tooth

Serena Frome, la soixantaine, se souvient. Elle se rappelle de sa jeunesse, sa vingtaine passée à étudier dans une prestigieuse école anglaise. En plein milieu de la guerre froide, les femmes s’émancipent peu à peu, et la belle (car oui, elle est belle) se retrouve propulsée comme employée du MI5, les renseignements. Si au départ on ne lui confie que des tâches ingrates, un nouveau projet, plus complexe, a besoin d’elle. Le programme Sweet Tooth consiste à financer à leur insu des penseurs et écrivains de manière à ce que leurs écrits, emprunts de capitalisme et anti-communiste puisse voir le jour et rayonner internationalement. La guerre par la culture. Parce que séduisante et lettrée, Serena se voit confiée le destin d’un jeune auteur. Une mission simple, tant qu’elle arrivera à maintenir son secret. Chose compliquées lorsque les sentiments s’en mêlent.

Le roman montagnes russes. Où au début j’adore l’adolescence de l’héroïne, la description de son éveil à la sexualité, les réflexions sur la place de la femme dans la société à l’époque. Ensuite je peine un peu lorsque je comprends qu’il ne s’agira pas d’un livre d’espionnage international avec des gens qui se tirent dessus mais plus d’une romance sans incidence sur le monde qui l’entoure. Enfin je tombe sur le twist meta de fin du livre et je me dis que, décidément, Ian McEwan est un fin filou qui prend un réel plaisir d’auteur à balader son monde, plaisir communicatif. Car oui, le dernier chapitre est très très bien vu et donne à voir tout le reste du texte sous un œil neuf.

Entre temps on aura profité du style de l’écrivain, toujours ces mots un peu doux, même lorsqu’il s’agit de décrire la tristesse ou la colère. Epoque et milieu social oblige, tous les personnages sont dans une certaine retenue. La narration prend le relais des dialogues et vient ouvrir l’héroïne et ses amants, afin de mieux les rendre attachants. J’ai également été séduit par les longes paragraphes illustrant les troubles de Serena face aux hommes, toujours exquisément écrits, avec une justesse trop rare parmi les écrivains masculins.

Si Sweet Tooth n’a pas la portée historique que j’espérais (bien que les critiques anglais aient relevé quelques personnages fortement inspirés de leurs dirigeants et espions réels, la culture me manquant à ce niveau), il s’agit néanmoins d’un texte réjouissant, rédigé je l’imagine avec beaucoup de bonheur par McEwan.
Cela vaut le coup, je suis réconcilié.

Deux à un.

BUY STAGE !!!

18€ la VO cartonnée.

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