Big Game

Chaque année, la nuit sur Superbowl, les gens s’écharpent sur les réseaux sociaux. Une bande émerge, celle de deux qui considèrent que les autres n’ont pas le droit de parler du foot américain parce qu’ils ne sont pas « des vrais fans », qu’ils se réveillent qu’une seule fois par an, qu’ils n’ont pas suivi le reste de la saison. En gros, les puristes se jettent sur les parasites de leur passion, indignes d’allumer la TV et de foutre en l’air leur lundi de boulot (ou non).

Ce qui m’a fait me replonger dans ce que je pouvais me souvenir de mes anciens Superbowl, depuis la demi-douzaine d’années que je regarde le « big game ».

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Et oui, je ne me rappelle plus vraiment de qui jouait quelle année, ni de qui a gagné. A part quelques noms d’équipes, quelques noms de joueurs, il ne me reste que ces bribes. Par manque de temps et d’énergie je ne regarde pas les demi-finales, je ne me tiens pas au courant. Mes hôtes me résument la saison quand j’arrive et je n’ai plus qu’à boulotter les Doritos. Ce qui ne m’empêche pas d’apprécier un bon match quand bon match il y a. Tout comme je reste fasciné par le dispositif mis en place par les TV US, qui transforme une finale de tournoi en évolution ultime du sport filmé. Mais ce qui reste, les années suivantes, c’est ces morceaux de bons moments entre potes.

Je me rappelle mon premier Superbowl à Lyon, avec mes amis de fac. Nous étions vers Guillotière, le quartier qui ne dort jamais. Ce qui nous a permis de commander des pizzas fraîches autour de minuit, de façon à regarder le match en se gavant de peppéroni. Je me rappelle mon premier Superbowl à Paris, dans une maison géante planquée au cœur de ville. Suite à une erreur dans l’achat de la viande des burgers, on s’était retrouvé avec des copeaux de bœuf, qu’on a péniblement tenté d’agglomérer dans l’huile durant les pauses publicitaires. A mon départ vers les quatre heures du matin, je voyais ma première neige sur la capitale. Petit bonheur de retour à pied dans le froid, à faire mumuse. Et l’année dernière j’ai pu recroiser quelqu’un que je ne connaissais que de nom, d’internet, pour réaliser qu’il était en fait très très cool.

Le Superbowl est ce petit équilibre parfait entre envie de suivre le match et envie de discuter, de passer un bon moment. Mieux qu’un truc de foot où tout le monde est collé à l’écran, mieux qu’un truc de curling où personne ne regarde. C’est le super entre deux qui m’offre chaque année, quand on arrive à monter une vraie soirée à plusieurs, des souvenirs qui durent.

A l’heure où j’écris (et publie) ceci, j’ai quelque chose de calé pour cette nuit. Avec je ne sais pas qui. Les abandons se multiplient. En grandissant mes camarades ont plus d’obligations, moins de courage. C’est une erreur.

Car si j’en crois les années précédentes, cela va encore être une bonne soirée.

10 réflexions au sujet de « Big Game »

  1. Article choupi est choupi.
    (j’étais dégoûté de piger tellement rien la fois où j’y étais, mais j’étais quand même content d’y être)

  2. Calé dans un bar avec l’équipe de Foot US local majoritairement pour les 49ers. Par esprit de contradiction, et pour défier les pronostics de l’ESPN, je me suis mis pour les Ravens. Du spectacle de bout en bout. J’ai beau avoir dormi que deux heures cette nuit avant de commencer mon nouveau semestre d’études, certaines actions, dont le fameux sprint de 110 yards, et Béyoncé, restent gravés dans ma rétine^^ Toujours particulier!

  3. Habituée du Superbowl depuis plusieurs années, je me suis mise dernièrement à regarder religieusement tous les matchs. J’ai été agréablement surprise de constater que le foot américain ce n’est pas juste de la Bud et un bucket de KFC, plein de copains qui inventent des règles et leurs girlfriends qui attendent la mi-temps. Et ça c’est en grosse partie grâce à BeIn qui a de vrais commentateurs qui donnent envie de s’y intéresser. Pas comme ESPN qui passe de la pub toutes les deux minutes. Pas comme W9 qui découvre ce sport tous les ans avec des commentaires hasardeux. Et c’est comme ça que je suis devenue fan de Flacco (Flacnouille pour les intimes) et sa constante expression faciale d’égarement. Capable des meilleurs lancers de la NFL et d’erreurs dignes d’un joueur de 10 ans. J’adore ce type !
    Par extension, je suis devenue supportrice des Ravens (avec le t-shirt et tout) du coup, grosse surprise quand ils passé les play-offs, même si je pensais qu’ils n’avaient aucune chance contre les 49ers. Moi qui aiment les perdants, j’ai découvert ce qu’on peut ressentir à la victoire de personnes qu’on aime bien même si on ne les connaît (oui je découvre le sport).
    Par contre -et désolée de raconter ma vie mais c’était nécessaire pour comprendre la suite- je n’ai pas aimé la finale entre potes. Alors que les années précédentes, je me fondais parfaitement dans l’ambiance, j’en ai un peu voulu aux autres de ne pas s’être donné la peine de se renseigner un peu sur les deux équipes (« ils se ressemblent les entraîneurs, tu ne trouves pas ? » Peut-être parce qu’ils sont frères, tu vois) ou d’avoir amené des personnes se désintéressant complètement du sujet principal de la soirée (« oh j’y crois pas, ça veut dire que les Destiny’s Child se reforment ! »). Je suis donc devenue le genre de personne que je déteste, une fois dans l’année. Mais je me console en me disant que grâce à ma marginalité ce soir-là, j’ai gagné seule contre 15 (tous supportaient San Francisco même si la moitié voulaient changer à la mi-temps).

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