Android: Netrunner

J’ai toujours eu un gros faible pour les jeux de cartes se déroulant dans des univers imaginaires. Cela va bientôt faire une quinzaine d’années que je joue par exemple à Magic. Ce qui ne m’a pas empêché de tester nombre d’autres jeux, des confidentiels comme Guilds et The Spoils aux plus mainstream comme Pokemon et Yu-Gi-Ho!. Le problème étant qu’avec les années je me suis désolidarisé de cet univers, et je ne joue plus qu’à Magic Online, la nuit, par ordinateur interposé contre des inconnus, muets. Je n’ai plus d’amis joueurs, je n’erre plus dans les boutiques spécialisées. Puis à l’automne j’ai entendu parler d’un nouveau jeu, enfin, du nouveau remake d’un vieux jeu. Android : Netrunner est une déclinaison réactualisée du culte Netrunner, un jeu des années 90 à l’époque designé par le mythique Richard Garfield, créateur de Magic.

Hypnotisé par l’univers cyberpunk, la promesse d’un gameplay unique et une tonne de critiques positives, j’ai finis par me commander l’édition de base pour Noel. Quand bien même je n’avais aucune idée de contre qui j’allais pouvoir jouer.

SONY DSC

Android : Netrunner n’est pas un jeu de cartes à jouer et à échanger (TCG) mais un jeu de cartes à jouer et collectionner (CCG). C’est-à-dire qu’au lieu d’acheter des paquets recharges contenant des cartes aléatoires aux raretés variées, tu achètes ici des extensions complètes, contenant toujours les mêmes cartes, en triple exemplaire. L’idée étant de mieux budgétiser ses dépenses et de pouvoir rester compétitif à moindre frais. Adieu donc la notion de cartes rares. Le set de base propose donc pour une centaine d’euros un deck de chaque faction (soit 7 en tout, ce qui est énorme), des jetons pour compter différents effets dans le jeu ainsi qu’un livret de règles. Avec un unique achat j’avais donc de quoi jouer des heures.
Il m’aura cependant fallu près de six semaines et deux cobayes pour vraiment prendre le pli du jeu, et pouvoir vous en parler correctement. Parce que oui, Netrunner vaut vraiment le coup.

SONY DSC

Dans le futur futuriste, les corporations contrôlent la planète, tandis que les hackers de tout bord en profitent pour s’enrichir sur leur dos en parcourant le nouvel internet, branché directement au cerveau. Un joueur devra donc endosser le rôle d’une megacorp, tandis que l’autre se mettra dans la peau d’un runner. Là où Netrunner est fou, c’est que chaque camp possède ses propres cartes, ses propres règles et sa propre façon de jouer. Le jeu est donc asymétrique, les deux joueurs sont dans un seul et même duel, mais avec deux façons de combattre (à l’inverse de quasiment tout le reste, Magic compris).

La corporation doit bluffer. Elle installe face cachée des « agendas » ou des « assets » sur des serveurs, protégés par des pare-feus, les « ices » et doit financer les agendas petit à petit avant de les encaisser (celui qui a récupéré assez d’agenda gagne la partie). Pendant ce temps, le runner installe des programmes et du matériel qui lui permettront de casser les ices lorsqu’ils tenteront un « run » sur un serveur adverse (qui peut être la main ou la bibliothèque de la corpo). A eux d’identifier quelle carte face cachée est un agenda à récupérer, quelle autre carte dissimule en réalité un piège (d’où l’importance du bluff). Cette mécanique de base étant pimentée par des évènements supplémentaires, ou la possibilité de tracer le runner afin de pouvoir lui causer des ennuis. Le premier à avoir assez financé ou assez volé d’agendas remporte le jeu.

Hum. Enfin voilà.

SONY DSC

 

[Un bon exemple de mise en place de la corporation, avec les ices dissimulés à l’horizontale, et une carte verticale elle aussi secrète (un asset piégé ? un agenda ?)]

Les petits bonheurs de Netrunner sont nombreux, à commencer par son univers Cyberpunk. Les cartes débordent de « flavour », de ce liant entre univers imaginaire et mécanique de jeu (on ne pourra pas par exemple envoyer sa milice privée contre un runner sans lui avoir au préalable posé un mouchard). Ensuite je suis complètement scié par le gameplay asymétrique, par à quel point c’est fou et cela fonctionne en même temps. D’autant que l’aspect bluff rappelle en plus les mécaniques du poker. Chaque camp a sa chance, et la plupart des parties que j’ai pu réaliser ont été perdues sur des erreurs et non sur la pioche, les cartes en main.

SONY DSC

Bien sûr le jeu à ses petits défauts. Nombre de points de détails des règles sont mal indiqués dans la notice, ou auraient pu apparaître directement sur les cartes. Il faut aussi beaucoup faire appels à des jetons, une mécanique qui m’agace toujours un peu car pénible à surveiller au fil de la partie. Des points de détail face aux qualités de Netrunner, mais qui l’empêchent d’être ce truc incroyablement parfait.

Il n’empêche, j’ai fait l’acquisition d’une première extension (20 nouvelles cartes x 3 exemplaires) et me suis doucement frotté à la construction de decks, avec bonheur. Bien que je sache que je ne ressortirai pas souvent mes cartes, j’ai pris un réel plaisir à cette demi-douzaine de parties.

SONY DSC

Android : Netrunner est disponible en langue anglaise depuis l’automne, sa traduction française étant attendue dans les mois qui viennent. Si vous traînez un peu dans ce milieu, vous serez sûrement au courant. Sinon, guêtez.

Dans tous les cas, je vous conseille ce jeu très très fort. Cœur avec le carton.

7 réflexions au sujet de « Android: Netrunner »

  1. J’avais le deck de base de la version des 90’s, grand fan de cyberpunk devant l’éternel (et surtout de ShadowRun RPG de la même époque) et joueur assidu de Magic. Je devais être trop jeune mais je n’y avais pas accroché du tout et mes potes non plus, on était vite revenu à Magic. Je dois encore les avoir quelque part chez moi ces foutus cartes de NetRunner, ça vaudrait p’tet le coup que je les ressorte tiens!

  2. Je connaissais, mais je ne savais pas qu’ils le ressortait. Ca a l’air amusant.
    A Magic, tu avais une préférence, pour les couleurs?

  3. Shut up and take my money !

    Je suis un joueur de Magic et Shadow Era en ligne uniquement (pas de connaissances qui sont joueurs IRL) mais j’avoue qu’une version cyberpunk ca changerait un peu du heroic fantasy un peu comme les RPG.

    Ton article est convaincant et j’aurais presque envie de m’y mettre et d’investir dans les cartes mais bon ne connaissant personne qui y joue j’ai un peu de mal à me motiver pour l’achat si c’est uniquement pour regarder mon paquet de cartes.

    Si il y a moyen de faire des parties de NetRunner avec des joueurs irl alors je me laisserai tenter.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s