Press X To Kindness

La plupart des jeux vidéo incluant un système de moralité ont tendance à vous récompenser que vous soyez un chic type ou un salaud. Tuer les petites sœurs dans Bioshock permet d’augmenter la puissance de ses pouvoirs, être un connard dans Mass Effect ouvre des possibilités d’intimidation, jouer les méchants dans Infamous II donne accès aux pouvoirs de feu, et ainsi de suite.
Mais là, depuis quelques jours, j’ai (enfin) attaqué Persona 4 The Golden. Un jeu où l’on n’a absolument rien à gagner à se prendre pour un égoïste, un salaud, un sans cœur. D’ailleurs, j’ai halluciné de voir le jeu se permettre de vous juger tout en vous donnant le choix.

2013-02-25-002737

Là où toute action positive aura des effets positifs, chaque action négative n’aura pour seule réaction que le néant. Soyez désagréables avec vos amis, et vous n’aurez fait que perdre du temps (chaque seconde étant, dans la mécanique du jeu, comptée). Ne rendez-pas service aux inconnus et vous ne gagnerez rien. Ne vous intéressez pas aux problèmes de vos contemporains et vous serez faibles en combat. Comme le dit le test de EDGE : « Toutes vos actions portent le même message : être gentil vous rend plus fort ». En voilà une logique on ne peut plus pipou. Hors contexte, elle semblerait banale, voire un peu neuneu. Ceci à part qu’en refusant d’accorder le moindre avantage de gameplay à ceux qui ne joueraient pas « gentil », Persona 4 va un cran plus loin, fait trempette à la fois dans le moralisme, mais aussi dans un monde parallèle.

Parce que dans la vraie vie, être un connard fini, quand c’est fait avec intelligence, ça paie. Les comportements sociopathes ne sont pas sanctionnés par le grand ordre des choses. La gentillesse peut être vue comme une faiblesse, alors que la méchanceté sera vue au pire comme quelque chose de contraire à la morale, mais rarement comme une faiblesse. Le monde réel est en niveaux de gris. Et c’est pour ça que les jeux vidéo s’aventurant sur le terrain des choix moraux font en sorte de tout bien équilibrer. Etre bon ou mauvais ouvre autant de portes, quand bien même elles sont différentes. A l’époque de la sortie de Bioshock il était sous-entendu qu’être un sale con permettrait de progresser plus vite qu’un vertueux, que la gentillesse serait sa propre récompense, rendant le jeu potentiellement plus difficile. Intéressant. Même si l’idée fut abandonnée dans la version finale (non seulement la gentillesse est récompensée, c’est en fait plus rentable à long terme d’épargner les petites sœurs).

2013-02-25-011124

En refusant de récompenser la fourberie, Persona 4 force tous les joueurs à réfléchir deux minutes à quoi répondre à ses amis, à quels services rendre. Car choisir une autre réponse que la bonne fera perdre du temps et des bonus de jeu. Plus qu’un jeu qui vous laisse décider de votre alignement moral, Persona 4 vous impose d’être gentil, sous peine de sanctions. La bisounoursocratie en marche.

J’aime bien.

Une réflexion au sujet de « Press X To Kindness »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s