Phoenix

2012 aura été une année sans Palahniuk, sans véritable nouveau texte de l’auteur. Déchirure pour les lecteurs qui s’étaient habitués à avoir un roman par an. Son prochain livre sortira à l’automne 2013. C’est loin. Mais, entre-temps, Chuck a rédigé une nouvelle, Phoenix. Sa sortie aura été à mon sens un symbole des changements littéraires induits par internet.

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Palahniuk a expliqué avoir pu sortir Phoenix grâce au numérique. A l’heure où il est quasi impossible d’éditer un recueil de nouvelles, le format eBook lui permet de mettre le texte à disposition de tous, pour la modique de somme de presque un dollar. Ensuite, il s’est fendu sur son site officiel de plusieurs articles de blog détaillant à la fois la genèse du texte, mais également ses mécanismes. Chuck étant un (trop) grand structuraliste littéraire, il nous explique comment est échafaudée la nouvelle, il fait son propre commentaire de texte. Ses lecteurs ont réagi en commentaire, au point que l’auteur s’est attelé à répondre aux différentes questions des visiteurs du site. Je trouve l’intégralité de ce processus aussi intéressant que révélateur. La littérature contemporaine, ça peut être ça : le texte en démat’, des notes de l’auteur sur son site, des réponses aux questions.

Je ne dis pas que tout le monde devrait s’y mettre. Je suis très pour que le texte parle de lui-même, ou que certains auteurs choisissent de s’effacer et de ne pas donner toutes les clefs. Mais le fait que pouvoir interagir autrement pour ceux qui le souhaite se démocratise est une très bonne chose.

En ce qui concerne la nouvelle en elle-même, j’ai trouvé Phoenix plutôt moyenne, en plein milieu du « sympasansplus ». Le comité contre les chats et les phobiques de la toxoplasmose en auront pour leur argent. Sinon, hey, c’est que presque un dollar de perdu, n’allez pas râler. De toute façon, Chuck s’en fout, Phoenix caracolant en tête des ventes d’histoires courtes sur Amazon. Un nouveau signe de la résurgence de ce genre oublié, grâce au numérique.

Comme souvent ses derniers temps avec Palahniuk, ce qui se passe autour de l’auteur est plus intéressant que le texte en lui-même. Je ne regrette pas d’être abonné à son site, source perpétuellement de réflexions et astuces sur l’écriture. Phoenix aura eu ce mérite, celui de me divertir pendant vingt pages et une demi douzaine d’articles de blog. Pendant ce temps, dans le fond, le rapport à la littérature change, les auteurs s’approprient le net, le numérique.
Et je ne peux pas m’empêcher d’y voir une belle promesse pour les années à venir.

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