#404

Hier c’était la dernière grosse soirée Twitter à la mode, celle du Podcast 404. L’équipe, composée de personnes aux groupes d’amis et d’influences pas forcément compatibles ont invité tout l’internet à boire des coups. Et on s’est retrouvé dans un espèce d’aboutissement de « la soirée twitter », à tous les niveaux.

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Déjà quelques jours avant, les provinciaux, les hipsters de hipsters (inception), les rageux, raillent la soirée. Belle brochette de branleurs qui vont se réunir dans un bar pour s’entre kiffer. Ah ah, je ne mange pas de ce pain-là et crache dans la soupe. Puis il y a les déclarations sur le net. Ceux et celles qui annoncent que ouais, ils vont trop y aller, qui demandent à leurs potes s’ils viennent. Vient l’heure des débats. Oh putain y’a X et sa bande qui viennent, je vais pas supporter de trainer avec tous ces cons, je viens ou pas ?

Le jour convenu, à l’heure dite, on est quand même là. Parfois on prend l’air détaché « Ué ué je suis là mais c’est pour voir truc hein », parfois on sourit aussi mollement qu’on serre la main à quelqu’un qu’on ne peut plus blairer. Et on ne se pose même plus la question de savoir pourquoi on fait semblant, pourquoi on est là. C’est intégré. On prend autant de plaisir véritable qu’on souffre à l’intérieur. Pour moi c’est la fameuse occasion de voir ceux que je ne vois jamais, de les capter assez longtemps pour prendre des nouvelles, pour espérer contribuer à faire passer cette relation au stade suivant, celui on l’on n’a plus besoin d’aller en soirées twitter pour croiser la personne. Quand tu as de la chance, tu rencontres un ou deux nouveaux gens, le follower anonyme de ta timeline, ou l’inconnu total que tu t’empresses d’ajouter. Là encore, à mon sens, il n’est question que de démarrer quelque chose que l’on prolongera ailleurs.
Speed dating amicalo-sentimental 2.0.

Sinon il y a toujours quelques happenings, comme un débat sur le dernier article à avoir secoué la « twittosphère », @FibreTigre qui t’explique comment devenir le roi d’internet, ou @monsieurlam qui demande à tout le monde, micro en main, qui on kiffe assez physiquement pour avoir de le ou la fesser si on pouvait. Parce qu’il se passe aussi d’autres trucs. Un couple qui se rabiboche en terrasse, un autre qui échange un baiser en douce dans la ruelle d’à côté, les textos et Direct Messages post soirée affluent.

Une fois rentré, on debriefe un peu, histoire d’exciter les derniers irréductibles, ceux qui ont fait autre chose, les autres gens. Les autres.

Et je réalise que cette soirée était l’aboutissement de toutes les précédentes, un grand cirque, une réunion permanente d’anciens élèves de la même classe, résolus à ne jamais passer son diplôme et se barrer de là. Je ne peux pas non plus regretter d’avoir été là, d’avoir bien discuté, volé un bout de fromage sur l’assiette d’un pote.

C’est tout ce que je reproche à twitter et tout ce que j’y aime. C’est pour ça que je dis à mes amis de ne pas venir. C’est pour ça que je ne peux pas partir.

Jusqu’à la prochaine.

4 réflexions au sujet de « #404 »

  1. « Je suis un journaliste qui écrit une chronique « Laissez-moi partir ! », d’autres questions ? »
    C’est bien ça ?

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