BFM

Quand il m’arrivait plein de trucs, quand j’étais sur plein de pistes à la fois, plein de projets en même temps, j’avais fini par apprendre à me retenir de trop parler. Parce qu’on ne sait jamais ce qui portera ses fruits ou ce qui se cassera la gueule. Parce qu’on veut pouvoir crier MEGA-SURPRISE à sa famille, ses amis, avec quelque chose de concret à montrer. Parce qu’on ne veut pas avoir à expliquer à tout le monde que non, tel ou tel truc ne s’est pas fait.

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Mais ça c’était un peu avant, avant que je prenne la poussière chez moi (si on était sur un sky-blog en 1999 j’aurais employé le terme « rouiller », génération Y reconnait génération Y). Sortir de l’inactivité étant mon activité principale, j’ai fini par ne plus pouvoir garder pour moi mes maigres avancées. Et quelque part, c’est un peu la faute des autres gens. Quand je suis en soirée, quand on m’invite pour une après-midi Xbox, quand mes grands-parents prennent des nouvelles. Alors, tu en es où ? CA AVANCE TON BOULOT ?! Là où je pourrais me contenter d’un mystérieux « ah ah oui t’inquiètes, j’œuvre en coulisses », je me sens obligé de donner des détails, de partager les miettes. J’ai besoin de montrer un truc, n’importe quoi, des preuves. Alors je balance tout, les pistes de pistes, les espoirs un peu fou, les finales de concours. Rien de tout ça n’est sûr. Ce n’est d’ailleurs réel que dans la mesure où je fais des phrases avec. Mes broderies de mots sont des colliers de pâtes  On fait collectivement semblant de trouver ça ouf. C’est mieux que rien.

Surtout, j’ai l’impression que je deviens le maître de la paraphrase. Je deviens BFM TV qui couvre un événement en direct. Je n’ai pas plus d’infos que la dernière fois qu’on a allumé la TV pour prendre des nouvelles. Mais puisque tu es là, puisque tu demandes, je répète, je brode, sans inventer pour autant, juste assez pour avoir l’impression QU’IL SE PASSE UN TAS DE TRUCS. Jusqu’au pétage de plomb. Je me suis surpris à concevoir et expliquer quelle illustration de couverture j’aimerais pour l’éventuel bouquin suite à une éventuelle victoire au concours. Suite à quoi j’ai attrapé la première brique venue pour venir me l’encastrer dans le crâne afin de mettre un terme à mes conneries. Ce qui se passe quand on a trop de temps pour réfléchir.

Quelque part, c’est un peu trop tard. Parce que j’ai raconté à tout le monde le peu qui m’arrive, il faudra bien que je raconte à tout le monde si jamais ça me pète à la gueule. Le récit de mon accident de bagnole au ralenti. Oops. A l’inverse, si tout finit par se dérouler selon le keikaku, on fêtera ça dans le même restaurant McDo. Ce sera ma tournée de moyennes frites. Quoi qu’il arrive, cela ne se déroulera pas en douce, parce que j’ai pas pu me taire, parce que je suis en représentation toute la journée avec les trois mêmes répliques. D’ici là, j’aimerais vous laissez avec un hommage au commissaire Bialès.

Ecoutez, laissez le jeune diplômé faire son travail, croyez-bien que dès qu’il aura du nouveau, vous serez les premiers à en être informé.
Plus ou moins.

Voilà.

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