On Holiday

L’avantage à être bloqué sur Windows Phone 7.8, c’est que je ne peux casser les couilles de personne avec mes photos Instagram ou mes vidéos Vi… Instagram. Je n’ai pas les applis. Je ne les aurai peut-être jamais. Et peut-être que quelque part, le luxe post 2.0 c’est d’avoir les mains liées, de ne pas pouvoir autant partager que les autres. Mot-dièse ascétisme.

En juin je me suis un peu barré de Paris, plus ou moins en douce. Numériquement parlant en tout cas.

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Avec le temps, je réalise que moins je lis les gens en vacances, mieux je me porte. Je ne m’immisce plus dans des engueulades, je n’ai pas d’impérieuse envie d’éclater la tête de quelqu’un contre son clavier (même virtuel d’iPad), je ne suis plus dépité par l’actualité. JE VAIS MIEUX. Parce que je ne me refais pas non plus, je garde mes messageries et mentions Twitter ouvertes dans un coin d’onglet, pour répondre quand on me sollicite. Au cas où. Mais adieu les chats, adieu les timelines, les RSS. Quand je veux manger un peu d’actu, je le fais manuellement, en visitant les sites que je suis, pas les liens que mes amis postent.

Surtout, je réalise que moins je force les gens à lire mes SUPER VACANCES TROP BIEN ET PAS TOI BIEN FAIT CONNARD et mieux tout le monde se porte. Si je me laisse aller de temps en temps à la photo d’une jolie plage ce n’est pas pour foutre mes pieds ou un cocktail à dix euros au premier plan. La simple peine suffit. Surtout, je me limite, à peu mettre à jour mes statuts, à rester dans l’anecdotique. Depuis Amsterdam je me suis plus extasié en ligne sur le contenu de la supérette en bas de mon immeuble que sur les filles nues du quartier rouge. Mieux, je continue à me petite veille pop culturelle et balance des liens comme si de rien n’était. Le but étant que ceux qui ne me lisent que d’un œil ne réalisent même pas que je suis loin. Ce qui fonctionne, la plupart du temps.

J’ai aussi enfin cessé de tout coordonner en fonction de ce blog, à ne poster que quand j’ai envie, et non plus selon une rythmique prédéfinie. Il y a encore deux ans je me cassais à avoir mon ordinateur et cracher sept fois cinq cent signes, pour maintenir l’infini chelem. Y repenser me remplit de fierté à peu autant que cela me dépite.

Je pense que j’ai simplement réappris à lâcher prise, sur le reste du monde, sur l’internet, sur mes névroses. Impossible de savoir si c’est par fatigue des autres ou par l’apparition d’une certaine forme de maturité. Sûrement un peu des deux. Dans tous les cas mes vacances sont d’autant plus reposantes.

Et la bonne nouvelle, c’est que je suis content de rallumer l’interrupteur de l’actualité, des conversations, de mes monologues ici. Parce que ça m’aura manqué juste assez pour me donner envie de revenir.

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Or donc la semaine dernière Game of Thrones a été spoilé, sur l’internet, par les gens. D’où un pétage de plomb généralisé assez cocasse. Je me suis moi-même fait éclabousser le niais visage par LA révélation avant de voir l’épisode. Tristesse. Mais au moins une bonne chose est sortie de tout ça, un très chouette article du talentueux Film Critic HULK sur notre manière de consommer le divertissement à l’heure du piratage et de la VOD.

En gros il est postulé dans l’article que les séries se consomment à présent à notre propre rythme. Finie la trilogie du samedi et les soirées X-Files où tu pouvais être sûr le lendemain que tous ceux intéressés auraient vu le programme en question. Maintenant tu attends ta meuf pour regarder le dernier Mad Men, ou tu préfères attendre la fin de la saison de Breaking Bad pour tout visionner d’un coup, ou simplement tu taffes et tes séries c’est pas vraiment avant le weekend. La conversation publique est donc plus ou moins prise en otage par nos modes de consommation culturelle. On ne peut plus parler avec tout le monde de ce qu’on vient de voir. Nous ne sommes plus collectivement sur la même longueur d’ondes. Et ce n’est pas grave, enfin pas totalement, puisqu’on gagne plein de choses en échange, comme le fait de plus être l’esclave de sa TV, déjà.

Mais j’en viens à me demander si l’on n’a pas d’autant plus soifs de trucs à commenter en direct. Quelque part, pour mes amis twittos par exemple, regarder Top Chef ou L’amour est dans le pré est avant tout un moyen de pouvoir tous disserter sur le même sujet, en même temps, sans piétiner ceux qui ne sont pas à jour. Puisque tout le monde l’est. Ce qui rejoint l’un des principaux aspects du sport : se retrouver entre gens pour débattre au fur et à mesure. C’est rare qu’un relou te reproche d’avoir spoilé le résultat de Roland Garros. Oh là là salaud j’avais enregistré le match et je comptais me le faire t’es trop un enfoiré. Ceci, jamais.

Or donc aujourd’hui c’est le lancement de l’Electronic Entertainment Expo, l’E3, le plus grand salon du jeu vidéo au monde. On va se bouffer en une journée plus de cinq heures de conférence, chaque gros constructeur et éditeur y allant de sa petite présentation. Cette année c’est surtout l’annonce de la nouvelle génération de consoles, autant dire qu’il y aura de quoi faire. Et nous serons des milliers sur l’internet à regarder les flux en streaming, à twitter comme des malades, à troller avec toute la puissance de notre mauvaise foi. Geeks privés de la possibilité de débattre de la fin de Bioshock Infinite en public, du dernier Game of Thrones, cette journée est notre Top Chef, notre final de Roland Garros. C’est l’une des seules fois de l’année où nous aurons tous le regard braqué dans la même direction, au même moment.

LA COMMUNION.

En plus j’ai pris plein de paris avec plein de potes. Alors j’ai hâte. Et je demande pardon aux autres gens pour la horde de tweets, de réactions démesurées. Mais ce jour est à nous. De la première conférence jusqu’à la dernière, jusqu’au petit matin.

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Profitons.

Also, pour résumer l’intégralité de cette note. Enjoyez.

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