Book Review 247

Libre… LIBRE !

Je lisais le même bouquin depuis trois mois, péniblement, à grappiller jour après jour quelques pages sur les cinq cent que comporte Life After Life. Je n’avais jamais entendu parler de Kate Atkinson, de sa demi-douzaine de romans précédents, de ses millions d’exemplaires vendus. Non, j’ai fait sur Amazon comme n’importe quelle librairie : j’ai erré au gré des couvertures des nouveautés, me laissant parfois tenter par un résumé. Au milieu de tout ceci, Life After Life, un mélange sur le papier assez séduisant. Il s’agissait de l’histoire d’Ursula, une jeune anglaisée née en 1910 dont la vie traverse le siècle et les guerres. Son petit plus ? A chaque fois qu’elle décède, Ursula renait et revit sa vie depuis le départ, sans s’en rendre compte, de telle sorte que son instinct la protège de ce l’a tué dans sa précédente existence.

o-LIFE-AFTER-LIFE-KATE-ATKINSON-facebookOh là là du roman historique qui se la pète avec un twist fantastique. Je m’en roulais par terre de bonheur, assez pour débourser ma dizaine de dollars. D’autant que Life After Life a été élu meilleur roman de la première moitié de 2013 par Amazon. J’allais bien me régaler.

PAS DU TOUT.

Au début j’ai galéré, Atkinson se prend pour les scénaristes de Downton Abbey et te balance une bonne vingtaine de personnages gravitant autour de la même famille anglais au début du siècle. Ca décrit beaucoup, souvent des choses paraissant sans grand intérêt. Heureusement Ursula meurt assez régulièrement (maladie, chute, noyade) et on s’amuse des reboots du bouquin (car à chaque décès, retour à la naissance). Puis, je commence à y croire quand Ursula semble avoir conscience de ses vies passées. Là ça me parle, là ça me titille. Jusqu’à ce que le livre laisse tomber l’ambiguïté et préfère se vautrer dans une quintuple version de la seconde guerre mondiale (Ursula amie d’Hitler, Ursula sauveteuse sous les bombes à Londres, Ursula planquée à la campagne). Le fantastique n’est dès lors qu’un prétexte à un long « what if », qui n’a comme unique intérêt que de divertir l’auteur, dans la mesure où chaque destin du personnage ne « compte » pas. D’autant qu’Ursula ne se souvient à chaque fois de rien. Rageant, pénible, interminable, trois mois de lecture.

Alors j’aurais pu jeter mon Kindle par la fenêtre et lire autre chose. Mais avec un procédé narratif pareil, je sentais la punchline, la conclusion qui viendrait tout lier, qui donnerait un sens à tout le reste. Je me suis interdit de lire autre chose, pour me forcer à finir Life After Life. Pour SAVOIR.

life-after-life-coverCar oui, il y a bien une fin, un toutélié, une punchline. De manière complètement arbitraire, Ursula se rappelle de tout et reboot sa vie une nouvelle fois en faisant un « perfect », où chaque décès précédent est évité au long d’un chapitre galvanisant. Putain ouais, j’avais pas lu tout ça pour rien. Jusqu’à ce que l’auteure décide de choisir le but le plus bateau de l’univers pour son personnage. Si tu avais vécu plusieurs fois la seconde guerre mondiale et que tu pouvais remonter le temps tu ferais quoi ?
Si tu as deviné tu gagnes un demi-BN mais pas plus, faut pas déconner.

Tout ça pour ça. Un livre entier qui n’est qu’un tour de passe-passe. Ça se veut fresque familiale historique, mais ça ne marche pas puisque chaque timeline ne compte pas plus que la précédente. Ça se veut fantastique et malin, mais ça n’est pas fait de manière intelligente et ça s’achève sur le « what if » le plus commun de l’histoire du vingtième siècle. Le fuck.

Meilleur livre anglo-saxon de 2013. Je m’en roule par terre de dépit. Heureusement je ne suis pas le seul, à en lire certaines critiques sur Amazon (on y revient). Reste les gens impressionnables, ceux qui ne lisent tellement jamais de genre qu’il suffit de mettre deux gouttes de fantastique dans leur roman pour qu’ils hurlent au génie. Au moins j’en suis venu à bout, je SAIS, parce que je l’ai fini. Enfer.

Maintenant je vais partir acheter un bon livre. Qui me durera le moins de temps possible. Idéalement.

3 réflexions au sujet de « Book Review 247 »

  1. Alors, au hasard, je dirais qu’elle flingue son copain Adolf.
    En conseil de lecture, je t’invite à te pencher sur « L’Autre Jean Moulin », avec quelques vrais morceaux de Lyon à l’intérieur !

  2. Sans vouloir faire le prétentieux chiant, les livres en top des classements en général sentent souvent moyen…
    Bon, parfois il y a des bonnes surprises mais…
    50 shades of grey?

    Dans le genre…

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