Pacific Rimshot

“J’ai beaucoup aimé Pacific Rim ! C’était génial les robots géants et les monstres qui se foutent sur la gueule, mais alors le scénar’, bien merdique, bonjour les clichés lol.”

Mais chut. Tais-toi fort. Tu as tort. Pire que ça, tu as tort sur l’internet.

[VERY LIGHT SPOILERS, genre pas de spoilers du tout à mon sens, mais comme y’a des malades je préfère prévenir]

Cette phrase, ainsi que ses variations, je ne cesse de la lire sur Twitter dans la bouche de gens, dans la bouche d’amis. Le gros plaisir cinéma qu’est Pacific Rim serait quand même un peu sale scénaristiquement parlant, entre les grosses ficelles, les clichés, les incohérences. Attention on a bien aimé hein, mais distancions-nous quand même un peu, on vaut mieux que ça. Une posture qui me rend petit à petit dingue, en grande partie parce que tout au long du film, je me disais “putain c’est fou les mecs prennent vraiment le temps d’installer leur intrigue et leurs personnages”.

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Je trouve le scénario de Pacific Rim très bon, dans la mesure où sans lui, personne ne pourrait dire qu’il en a quoi que ce soit à foutre que des robots géants se tapent contre des monstres géants. Car du spectacle sans enjeux dramatiques n’est que du bruit et de la fureur. Si on s’ennuie devant World War Z, si on dit des trucs comme “débauche d’effets spéciaux”, c’est qu’au fond, on se moque pas mal de savoir si Brad Pitt (peut ?) va y passer. On ne le connait pas, on n’est pas investi. Pacific Rim fait cet effort là, celui de construire des personnages avec des motivations claires (Raleigh doit dépasser la mort de son frère, Idris doit lâcher prise sur son rôle de père etc…) qui auront un arc narratif au fil de l’intrigue, jusqu’à un dénouement du conflit personnel de base. C’est le b-a-ba de ce qui va faire que l’on peut se raccrocher à l’humain, qu’on peut donner du sens au spectacle parce que là, dessous, il y a des enjeux interpersonnels.

Ensuite Pacific Rim fait un énorme effort de worlbuilding, parle de géopolitique au travers des soutiens du projet Jaeger, mentionne en passant une religion autour des monstres, met en scène des profiteurs de guerre, etc… Tout ceci c’est de la texture, c’est ce qui vient habiller le reste du film et le rend plus vivant. Les personnages sont réels, le monde est réel. Alors les robots géants et les monstres sont réels. Les coups de poing dans la gueule sont lourds de sens.

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Relevons les manches et attaquons le pire argument de la planète : “oui mais c’est cliché, c’est vu et revu”. Cliché n’est pas un argument, grosse ficelle n’est pas un argument, déjà vu n’est pas un argument. D’un point de vue narratif il n’y a qu’une seule chose qui compte, si cela fonctionne, si cela permet de s’investir émotionnellement. Vous voulez des vrais arguments : si les enjeux ne sont pas clairs, si le personnage n’a pas d’arc narratif, s’il n’y a pas de conflit, si une scène ne sert à rien etc… Ca se sont des véritables critiques, quand cela ne fonctionne pas, quand la machine se grippe, ne remplit plus sa fonction première. Un cliché n’est pas automatiquement négatif. Prenez Monsters University, un film qui n’a pas UNE SEULE idée originale, qui est en pilotage automatique, frankenstein de 1000 films déjà vus 1000 fois. Et pourtant ça fonctionne, ça ne révolutionne rien, mais ça fonctionne. On s’enthousiasme, on s’émeut, mission accomplie. Pacific Rim, comme quasi n’importe quelle autre oeuvre de fiction s’appuie sur des tropes, des archétypes, des pièces de LEGO déjà connues et vient construire son petit château. Qu’importe si les pièces sont neuves ou pas, tant que la structure fonctionne, que la mécanique ronronne comme les pistons d’un Jaeger lancé à pleine vitesse sur un Kaiju.

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Car l’insolente vérité est là : si tu as aimé les combats de Pacific Rim, c’est que le scénario est bon. C’est que tu étais investi. Tu ne peux pas aimer le film et dire que le scénario est mauvais. Cela ne fonctionne pas comme ça, désolé. Le contre-exemple parfait étant SuckerPunch, un film formellement parfait et incroyable, dont on se fiche parce que le scénario ne fonctionne pas (enjeux mal définis, pas de character arcs etc…). Et je comprends le fait de vouloir se sentir plus intelligent que des types payés des millions, que ça flatte l’égo, que ça permet de se dire que okay, on aime les trucs de gros geeks mais que bon, on est aussi un esprit critique au dessus de ça.

LOL.

Au fond, tout ça n’est pas très grave, dans la mesure où les gens qui disent avoir aimé le film en dépit de son scénario ont tout de même aimé le film. Le résultat est le même. C’est juste dommage de passer à côté du pourquoi on aime, pourquoi on y a assez cru pour aimer. Parce qu’à mon sens, la grande réussite de Pacific Rim face à World War Z ou encore Man of Steel c’est justement de proposer plus qu’un simple fantasme de nerds modélisé en 3D. Ce film a un coeur qui bat, sous les effets spéciaux, sous les décors, sous les acteurs, jusque dans le script, conçu pour l’efficacité plus que pour l’esbroufe, et qui marche.

PS : Si vous voulez lire un interminable papier démolissant un véritable film mal écrit, je vous conseille ce pavé sur Man of Steel.

27 réflexions au sujet de « Pacific Rimshot »

    • Je m’explique : le scénario de Pacific Rim est efficace mais c’est à peu près la seule qualité qu’on peut lui trouver. Je considère que tout l’univers qu’ils ont implémenté ne fait pas partie du scénario, c’est quelque chose en plus, au-delà.

      Le film est un bon film d’action mais il aurait été moins bête, avec des dialogues un peu plus intéressants, un peu plus fins, ça aurait été un chef d’œuvre. Là, franchement, la différence entre Pacific Rim et un film de Emmerich tient surtout au bon goût de GDT qui sauve visuellement toutes les séquences.

      • Tu noteras que je ne te contredis pas. J’ai jamais dit que c’était du grand cinéma et que ça réinventait la roue. Juste, ça fonctionne, et c’est efficace, et le film fonctionne, donc c’est pas nul.

        En deçà de ce que ça aurait pu être, sûrement.

  1. Ton paragraphe sur la texture est intéressant, car la longue (et très chouette) scène d’intro ne sert pas à grand-chose, tout compte fait. A aucun moment du film, les éléments géopolitiques/religieux/etc ne sont intégrés. [SPOILERS] Les autres pilotes de Jaeger disparaissent les uns après les autres, sans une seule ligne de dialogue. Tu parles de multi-latéral [/SPOILERS] Au final, on se retrouve entre Anglo-Saxons, avec une ville de H-K plutôt aseptisée. Ca aurait pu donc être un « bête » film américain.

    Perso, ce qui m’a empêché d’aimer le film, c’est le cast. Hors Elba, c’est pas joli joli. J’ai pas adhéré, car le héros ne m’a pas aidé à adhérer, à vouloir tenir à lui. Là, où un Man of Steel, avec Cavill, a su me capter (pour me perdre plus tard, pendant les bastons à rallonge).

    Autre élément très embêtant dans Pacific Rim, c’est le soundtrack, franchement honteux pour un film de ce calibre et de ce budget. Au pire, une BO, elle ne doit pas s’entendre. Au mieux, elle survolte un film. Ici, Ramin Djawadi s’est grillé pour un bout de temps avec le grand écran avec cette musique d’ascenseur insupportable.

  2. Et si on a pas aimé le film ? Mais du tout ? Alors qu’à la base on aime les méchas, les gros vilains monstres, et le cinéma d’action ? C’est qu’on est insensible au talent de ces « types payés des millions » ? Je voulais l’aimer pourtant, mais il m’a tellement embarrassé par sa si immense et sincère connerie que j’ai l’impression qu’on ne parle pas du même film…
    A coté de ça, j’ai été touché par Sucker Punch…
    Je dois être con en fait.

      • Pardon, je ne veux pas que tu te sentes mal, je plaisantais à moitié, je ne pense pas être (trop) con, en fait.
        Ce qui m’attriste et m’a fait réagir en premier lieu ici, c’est de te voir (toi parmi tant d’autres) user de l’énergie à défendre ce film. Comme s’il en avait réellement besoin (c’est déjà un énaurme succès). Je pense que si on aime le cinéma et les « gros trucs de geek », il faudrait plutôt essayer de tirer ce genre d’intention par le haut, plutôt que d’essayer de sauver les meubles de blockbuster sans âme (mais avec un p’tit coeur qui bat, en effet, lors de rares passages un peu WTF, avec Ron, dans les boyaux d’un Kaiju…).
        Sinon ok, selon toi je ne fais pas partie de la « bonne partie des gens »…ce qui fait de moi un être mauvais, si je comprends bien. Tu n’es vraiment pas très sympa !

      • Je voulais pas vraiment faire l’article au début, mais c’est à force de m’engueuler avec les gens que j’ai senti le besoin d’articuler mes idées en un gros bloc de texte. Parce que ouais j’ai aimé le film et dans un monde parfait ça m’aurait suffit, mais je peux pas m’empêcher de tenter de convaincre et de prêcher.

        D’autant qu’on est loin d’un énorme succès au box office US. Et voir des trucs beaucoup plus nazes, moins bien fichus, se gaver de thune, ça me donne envie de défendre le truc. Un peu.

        (et peut-être que tu es quelqu’un de mauvais au fond, je ne sais pas, es-tu en train de ronger les os d’un chat en ce moment même par exemple ?)

  3. Moi je me demande vraiment pour qui tu te prends ?

    Haha 😀 J’ai tjrs voulu commencé un com’ comme ça.
    J’ai regardé le film et ce qui ma le plus déranger, enfaite, c’est la 3D. D’habitude ça passe, mais la j’avais un vrai mal de crane à la sortie. Donc, au final, je pense pas vraiment être objectif.
    Mais sinon, mon seul problème avec le film serait ses dialogues.

    Mais vu que ton arguments est : Pas un chef d’oeuvre, mais un film qui fonctionne, je ne peux que approuver. Mais après, vu le potentiel, ça reste dommage que ce ne soit pas un chef d’oeuvre !!

  4. Excellente critique ! Je ne suis pas une grande fan de robots qui tapent sur des immenses dino venus d’une autre dimension et pourtant ça a fonctionné sur moi. Pour quoi ? Intelligence du scénario, de l’intrigue, et le réal a porté de l’intérêt à ses personnages et les as vraiment dessiné, construit sans se contenter d’esquisser de vagues caractères sans humanité. La seule beauté visuelle n’aurait pas suffit à me faire aimer ce film.
    Excellent article en effet.

  5. +1 pour le worldbuilding qui fait plaisir (Rationnement, abris anti-kaiju etc.)
    -1 pour les dialogues affligeants qui me sortent de l’intrigue et le rôle de la nana qui aurait DU être badass/sauver le héro/sauver le monde, pas juste un sidekick vulnérable 😦

  6. Effectivement la « texture » était très intéressante, les passages où ils évoquent les stratégies des pays, le fandom des kaijus et le marché noir qui s’est développé en parallèle sont mes préférés… Les « clichés » qu’on peut reprocher au film, c’est surtout la construction des personnages qui n’est qu’ébauchée; en l’occurrence ça m’a suffi à plutôt aimer le film, mais ça aurait pu être PLUS, et pour ça il aurait fallu PLUS que le fameux « couple de scientifiques farfelus qui finissent par s’entendre », et le « général qui fait son devoir et puis c’est tout », etc. D’ailleurs, comme Julien plus haut, j’ai regretté le fait que la badassitude de Mako Mori soit en chute libre dans tout le film.

    Mais au final, tout ce qui a brimé mon appréciation, c’est que j’ai l’impression d’avoir vu Pacific Rim 2 mais pas le 1, celui qui aurait montré que Mako Mori est forte d’habitude MAIS qu’elle perd contrôle à un moment, celui qui fait qu’on vit le deuil du héros, tout ça tout ça.

  7. J’ai le droit de poser mon cul entre deux chaises et de dire que « Ouais l’histoire est cool et suffisamment bien amenée pour que les petites fautes à droite à gauche ne nous sortent pas du film mais que, en même temps, on se fout un peu de l’histoire au final » ? C’est quand même des putains de Robots géants qui foutent des patates à des Godzilla en puissance.

    Je suis d’accord que certains personnages ont un background qui les rends plus tangibles à l’écran (machin qui doit dépasser la mort de son frère, truc qui doit un peu se détendre en ce qui concerne Mako, Bidule qui doit arrêter d’être un gros con, etc.) mais ils tombent dans le premier écueil facile qui est que la situation passe de l’état A à l’état B en 5min et pas toujours de façon très naturelle. Rétrospectivement, j’aurais bien aimé que ce soit un peu plus au centre du dialogue avec un peu moins de « nous devons buter ces bestioles ! ».

    Mais comme tu l’as dit dans un commentaire, c’est surement en dessous de ce que ça aurait pu être, malgré le plaisir évident pris pendant ces 2h.

  8. Merci Matthias.
    C’est ce que j’ai tenté d’expliquer à plein de gens autour de moi, en vain : oui c’est bourré de clichés jusqu’à la moelle mais ça n’en fait pas un scénario « inexistant » ou « pourri ».
    Je donne l’exemple du film « Insaisissable » parce que je l’ai vu lundi. Mon copain m’a dit « ça c’est plus profond et recherché comme scénario au moins ». Oui c’est plus recherché mais très honnêtement, je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, il n’y aucune profondeur, on ne connaît pas leur histoire ou quand c’est le cas, on t’en parle deux secondes. Ok y’a des rebondissements et c’est original MAIS c’était moins bien que Pacific Rim (avis tout à fait personnel). Parce que dans Pacific Rim j’ai adoré les personnages, j’ai ressenti leurs souffrances et j’étais à fond dans les combats parce que je voulais qu’ils gagnent alors que dans Insaisissable j’en avais rien à curer. Après, des incohérences et des clichés y’en à la pelle, complètement, mais c’est assumé, et ça n’empêche pas du tout mon amour pour ce film 🙂

    Bisous

  9. Comme je te fais confiance niveau ciné, j’étais impatient de voir Pacific Rim. Du coup, j’en ai trop attendu et il m’a déçu. Snif.
    P.S. : Sucker Punch for ever.

  10. J’ai tout fait pour aimer Pacific Rim. Le concept même me plaisait mais comme je trouve que Del Toro est un réalisateur certes intègre mais surévalué (notamment à cause des scénarios de ses films), j’avais un peu peur de ne pas accrocher. Du coup, avant d’aller en salle, je me suis gavé de critiques et autres articles (en évitant les gros spoilers) pondus par des mecs totalement fan de Del Toro et qui utilisaient une énergie folle pour expliquer que tel ou tel plan était juste parfait, bourré de sens, de références, de critiques, etc. La sauce a pris et j’ai acheté mon ticket (en 2D parce que Del Toro n’a jamais pensé le film en 3D et que les critiques n’étaient jamais tendre sur cet aspect du film) avec la certitude de ressortir avec la banane.

    Tout a plutôt bien commencé par cette intro fort efficace. Ensuite, j’ai été surpris, dans le bon sens du terme, par le fait que l’intrigue débute vraiment alors que les Jaegers sont dénigrés, voire rejetés. Surprenant et logiquement discutable mais comme je ne l’avais pas vu venir, c’était plaisant.

    Malheureusement, plus le film avançait et plus ma suspension d’incrédulité se faisait titiller. Quasiment tous les personnages sont des crétins (merci les scientifiques), le personnage de Elba, censé être autoritaire, est le type le moins écouté de la bande (il suffit qu’il dise un truc pour que ses hommes – pilotes comme scientifiques – fassent le contraire… et à raison), la double connexion neuronale est un artifice expliqué à la va vite (le robot est gros donc faut être deux : OoooooKkkkkk… Pourquoi n’ont-ils pas fait comme pour Evangelion et expliqué que le Mecha avait aussi une composante organique ?) présent juste pour placer un flashback (discutable), le trafiquant d’organes de monstres est a priori une bonne idée mais faut qu’il arrête par exemple de dire que la poudre d’os le rend riche quand on voit encore des os gigantesques trainer dans les rues, la population qui continue de vivre au bord de l’océan comme si de rien n’était, l’océan profond de 20 mètres la plupart du temps, le scientifique qui te sors une équation de malade pour dire que après 1 il y a 2 et qu’après 2 il y a 3 (un cador le lascar), j’en passe et des pires pour ne pas ruiner ton blog.

    Tout ça pour dire que malgré mes efforts, je suis sorti du film à cause de toutes les conneries scénaristiques qu’il accumule, tout comme les sous-intrigues difficiles à avaler semblant être là pour que le film puisse tenir plus d’une heure (Le pilote crétin qui prend le pauvre Raleigh en grippe et que Stacker laisse seuls devant une salle de brief en s’étonnant qu’ils se foutent sur la gueule – Mako, qui est « la meilleure », tout le monde le sait, Raleigh n’arrête pas de le dire, mais Stacker est, une fois de plus catégorique : ça n’arrivera pas ! Résultat, ça arrive, évidemment puisqu’il faut faire tout le contraire de ce qu’il dit pour réussir. Le mec a réfléchi un peu pendant une ellipse et basta, pas d’autre explication. Du coup, Mako fait un test de connexion neuronale à l’intérieur d’un robot chargé à bloc à l’intérieur de la base, et manque de la détruire parce que personne ne trouve où est situé la prise pour débrancher le robot !? Sérieux, les mecs, ‘tain…).

    Après réflexion, je me suis dit que j’aurai préféré voir « Pacific Rim » au lieu de « Pacific Rim 2 ». En gros, voir le film de l’intro montrant comment le monde a fait pour réagir à l’arriver de ses monstres et comment ils ont finalement lancé le programme Jaeger pour réussir, après quelques loupés, à botter le cul des Kaijus malgré de lourdes pertes.
    Ensuite, pourquoi pas faire la suite où on montre, un peu à la manière de « Ghostbusters 2 », que ces « rock stars » qui ont sauvé le monde, sont devenus inutiles face à la nouvelle menace et décriés par les politiques et la population. Du coup, ils sont obligés de se réinventer pour sauver une nouvelle fois le monde contre sa bénédiction, devenant des parias.
    D’ailleurs, je reverrai bien l’intro =^.^=

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