Book Review 249

Le dernier roman de Stephen King n’est pas vendu en numérique. Il n’est pas non plus vendu en édition cartonnée de luxe comme c’est la norme dans les pays anglo-saxons. Non, si vous voulez légalement lire Joyland, il faudra acheter l’édition poche au papier un peu jaune, à la couverture rétro et l’habillage d’une maison d’édition fictive. Tout est fait pour donner l’illusion d’avoir affaire à un roman de gare, polar pulp à l’ancienne, comme il en sortait des centaines chaque année à une certaine époque. L’idée me plaisait bien. Utiliser l’objet livre comme vecteur d’une certaine mythologie, enrichir le texte d’un imaginaire en convaincant un autre temps, une certaine façon de lire. Beaucoup plus convaincant qu’un Beigbeder réac’ pour qui les smartphones sont sataniques.

Forcément, des petits malins ont scanné Joyland de façon à le distribuer gratuitement sur les réseaux. Mais j’ai fait l’effort et les frais de me procurer une version papier. Et, pour une fois, je me suis laissé malmener le livre, corner des pages, laisser la tranche s’abimer au fond du sac. C’était encore mieux.

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Pour financer sa première année de fac, le jeune Devin Jones prend un boulot d’homme à tout faire à Joyland, un parc d’attraction à l’ancienne. A peine arrivé le voilà largué par courrier par sa petite amie longue distance. Seul et dépressif, il n’a d’autre choix que de plonger à bras le corps dans le monde des forains, où il se fait de nouveaux amis mais apprend également l’existence du fantôme d’une jeune femme assassinée quatre ans plus tôt dans le train fantôme. Et plus ses peines de cœur s’estompent et plus son âme de détective s’éveille. Alors que le tueur, lui, court toujours.

ARNAQUE.

Je m’attendais à un thriller à la King où le lecteur est sous pression avec des passages un peu sales, ascendant malaise. Mais non. Contrairement à ce que le packaging veut faire croire, Joyland est un plus un roman d’apprentissage. A une scène de sexe et une scène un peu gore près on aurait pu le ranger dans le rayon « jeunes adultes » de la FNAC. Non pas que ce soit une mauvaise chose, mais il ne se passe rien de bien extrême jusqu’aux trente dernières pages. Le reste du temps c’est une étude de ce mythe américain qu’est le parc d’attraction indépendant (j’ai revu le film Adventureland en pleine lecture, combo parfait), un texte nostalgique sur une époque pré-smartphone, une réflexion sur la blessure laissée par le premier amour et, avant tout, une fable sur le fait de GRANDIR.

Petit par la taille et modeste par l’ambition, Joyland est une parfaite lecture d’été, la définition du livre qui accompli la mission qu’il s’est donné. Je ne sais pas si je ne l’aurais pas oublié dans deux mois, mais ce qui est sûr c’est qu’en retombant dessus par hasard dans ma Billy, j’aurais un petit sourire.
Ce en partie parce qu’il est tout moche et corné. Les gens qui le piratent n’ont pas compris et passent à côté d’un truc. (un peu comme les éditeurs étrangers qui le publient en format cartonné avec une jaquette photo, bien joué les gars…)

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