Folie Furieuse / Jérôme Attal

J’avais déjà lu Pagaille Monstre, du même Jérôme Attal, chez le même Stephane Million Editeur. C’était un croisement entre le roman de branleur parisien et le livre dont vous êtes le héros. On y jouait un jeune étudiant bobo en quête du grand amour, à effectuer des choix qui nous menaient de chapitres en chapitres jusqu’à des dénouements toujours plus sinistres (cœur brisé, suicide, etc…). C’était réjouissant, nostalgique. Ça m’avait beaucoup plus.

D’où le petit bonheur de voir cette Folie Furieuse arriver en poche (PAS CHER), ce second volume, cette fois écrit du point de vue d’une jeune femme en quête du grand amour.

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Au départ tout commence bien, en quelques choix j’arrive à friendzoner le meilleur ami qui espérait me sauter en échange d’être mon chauffeur d’un soir. Il s’offusque que sa gentillesse ne paie pas et me traite de salope. Nickel. Réalisme lvl 99, je suis content. Puis le livre prend une tournure plus bizarre avec une séquence d’espionnage, un voyage aux Etats-Unis, un fantôme, une tentative d’assassinat d’Obama et, je, heu…
Tout ça en une seule « partie ». Autant dire que le livre porte bien son nom. Malheureusement ce qu’il gagne en dinguerie il le perd en réalisme, là où Pagaille Monstre était à peu près crédible. Et j’avais acheté ce volume dans l’espoir de trouver une vision masculine de la quête de l’amour féminin, avec une volonté de se projeter dans l’autre, de créer des situations un tant soit peu réaliste. Perdu.
Si je comprends le problème inhérent à écrire un récit à choix multiples du point de vue d’une femme et prendre le risque de brasser un tas de sujets complexes, je regrette que cette fois Attal botte en touche. Sans parler des fois où l’histoire abandonne toute volonté d’embranchements scénaristique et m’enchaine une petite dizaine de chapitres sans le moindre choix à faire.
Ce n’est pas le livre que j’espérais, ni celui que je pensais avoir acheté.

Ce qui est d’autant plus dommage que l’objet me faisait plaisir, avec sa couverture toute douce et le « frrrrrt » du défilement des pages à la recherche du prochain chapitre pour continuer l’aventure. Bien que j’aurais cette fois peut-être préféré une version numérique, avec des liens hypertextes de partout, la possibilité de sauvegarder à coup de marque-pages virtuels. Ça aurait été bien.

Dans le fait je n’ai pas tout exploré Folie Furieuse, un peu échaudé par le grand écart entre ce que je voulais et ce que j’ai eu.
Est-ce à dire que le livre est mauvais. Non, loin de là. C’est très bien écrit et loufoque à souhait. Ce n’est juste pas ce que je voulais et, du coup, je n’arrive pas à l’apprécier pour ce qu’il est.

Je ne doute pas qu’il vous plaise plus, vu que vous savez.

3 réflexions au sujet de « Folie Furieuse / Jérôme Attal »

  1. Ça m’intriguait, un homme qui lisait un ouvrage écrit par un autre homme supposé le mettre dans la tête d’une femme. Apparemment ce n’est pas encore gagné. Zut, ç’aurait été intéressant pour réussir à se projeter dans l’autre qui tente de se projeter dans l’autre. Personnellement, la meilleure compréhension de l’esprit féminin que j’ai jamais lue se trouvait dans les pages des Sorcières d’Eastwick.

      • Plutôt de dire que tous les écrivains ne sont pas des Updike 😉
        Tout dépend si tu prends sorcière au premier degré. Hinhinhin.
        Plus sérieusement, il ne les diabolisait pas, ne les sanctifiait pas non plus, et savait montrer aussi bien leur part cérébrale que leurs instincts naturels.

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