« And now it’s time to process our feelings »

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Les épilogues, cette saloperie.

J’ai toujours été très fan de certains épilogues, ceux de Scrubs ou South Park par exemple, formulatiques à l’extrême. J.D. ou Stan se tenant face caméra et délivrant un beau speech, encapsulant à la fois l’intrigue de l’épisode et ses thématiques, en un beau monologue. Une musique douce, un nœud papillon et hop, emballé. Au point que ces deux séries ont fini par s’amuser de leur propre structure, parodiant leurs épilogues dans des versions un peu meta. Parfait.
Parfois c’est un peu plus laborieux, comme à la fin de chaque épisode de Supernatural, où Sam et Dean voguent vers la nuit dans leur Impala. Ces dialogues sensés refléter l’état de la relation et des sentiments des deux frangins sont un festival de fragilité et de passif-agressivité. On sent bien que cela saoule un peu tout le monde de les écrire/jouer/tourner et on ne peut s’empêcher de lever les yeux au ciel le temps que ça passe (le titre de cet article étant emprunté aux résumés des épisodes réalisés sur le site Io9).

Si je dis ça, c’est que je continue à avancer dans mon projet d’écriture (depuis novembre, ne m’oublions pas). Le personnage a présenté ses excuses lors du troisième acte (chapitre 20), il ne reste plus qu’à faire méditer tout le monde sur cette belle aventure, ce avant de pouvoir lancer une l’ouverture vers la suite, avant de refermer le doc Word. Chapitre 23 sur 24, à quelques milliers de mots du bout du tunnel. Plus j’avance, et moins j’avance vite. J’ai presque l’impression que si la tendance persiste, je vais finir par m’arrêter à une poignée de mots de la fin, pour toujours.

Ceci est sans doute un mélange d’angoisse de tout ce qu’il restera à faire une fois le premier jet bouclé (relire, faire lire, relire, corriger, imprimer, envoyer, dépiter), et à la fois de peur me planter sur cette résolution. A dire vrai, tout le monde s’en fout. Si le lecteur arrivé jusque-là, il peut bien subir un chapitre malaise à base de « ah ah ah voilà tout ce qu’on a appris de cette trépidante épopée ! ». J’ai cependant envie de faire un peu mieux, de micro manager ce chapitre autant que les précédents. D’ailleurs j’ai, depuis hier, une chouette idée pour dynamiser tout ça. Après une semaine de blocage, deux heures cramées pour un pauvre paragraphe, je peux aller de l’avant. Il ne me reste plus qu’à fermer ce doc, en ouvrir un autre, et l’écrire.

Trop. Facile.