Sand / Hugh Howey

J’ai passé les derniers mois à jeter des intégrales de la saga Silo au visage des gens me demandant quoi lire cet été. Cette montagne de pavés, disponibles en français, était un vent de fraîcheur sur la littérature post-apocalyptique. Bien ficelé, avec une héroïne multifacette et un univers dément, impossible de ne pas sombrer. Alors quand l’auteur Hugh Howey a sorti un nouveau roman, le début de quelque chose de neuf, j’étais obligé de suivre.

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Prépublié en numérique, chapitre par chapitre, Sand se déroule dans notre futur, quand suite aux guerres et au réchauffement climatique le monde est recouvert de sable. Les derniers survivants vivent dans des villages qui s’enfoncent inexorablement, jour après jour. De ce monde est née une nouvelle profession : plongeur des sables. Équipés de combinaisons magnétiques, les plus aventureux peuvent agir sur les grains et se laisser couler sous la surface, ainsi explorer les vestiges du monde d’avant, s’ils arrivent à nager jusqu’à poser pied sur les plus haut des immeubles.

Wowowow ce pitch.
Alors oui, il y a des personnages, une bande de frères et sœurs ainsi que leur mère. L’un d’eux découvre quelque chose sous le sable, une autre découvre ce qu’il se passe à la surface derrière l’horizon. Ces révélations vont remettre en question tout ce qu’ils pensaient savoir et, plus grave, leur sécurité. Mais tout ceci pâle face à ce premier chapitre, cette première plongée, fascinante. On retrouve là les mêmes mécaniques que le début de Silo : un personnage téméraire qui va plus loin que quiconque et, par là-même, ouvre la voie à un autre avenir. C’est presque un remake, c’est presque gênant, mais cela fonctionne si bien. Alors on ferme les yeux. D’autant que c’est surtout la suite qui grippe.

Car passée la pose de l’univers et les premières révélations, le livre devient un drame interpersonnel et oublie son propos de fond une bonne partie de la suite. Et oui, okay, les personnages sont cools, pas trop stéréotypés, mais cela n’avance pas, le compte-goutte d’infos est trop mince. Parce que, bien entendu, cela ne finit pas. Ce qui ne poserait pas de problème si tout ceci était rythmé et lancé à pleine vitesse. Or, en l’état, difficile de ne pas voir une chouette intro pour un long développement reposant sur du vide. Un peu mitigé, obligé d’attendre une suite pour se forger un avis en toute connaissance de cause.

Mais ce premier chapitre, damn. Rien que pour ça, oui.