Final Draft

J’ai terminé de rédiger, de corriger et de mettre en page mon manuscrit. C’est fini.
J’ai un joli document Word, un beau PDF.
Je ne vais rien en faire, parce que c’est les vacances, pour moi mais surtout pour tous les autres.

Depuis la dernière fois, deux phases de correction. Plusieurs remises en question de règles de grammaire que je pensais acquises, et autres odieux tics de langage. La terrible impression que plusieurs fautes de base sont ancrées comme correctes. Je pense que c’est ça, le début de la vieillerie, avoir intégré des erreurs comme vérités. Sans parler des noms de personnages qui gagnent ou perdent une consonne, un accent, d’un chapitre à l’autre. Heureusement rien qu’un chercher-remplacer ne saurait récupérer. La meilleure partie de la relecture des corrections d’une personne tierce étant ce moment, au bout de 150 pages, quand la personne censée te venir en aide pète elle-même un plomb et commence à mettre des blagues dans ses annotations.

La relecture rend fou, a fortiori quand personne n’est payé pour le faire.

Au moins je me serais vengé sur la mise en page. Une amie typographe m’a éclaté la tronche à coup de polices de caractère aussi rares qu’onéreuses. Ce qui aura impliqué une plongée dans les bas-fonds de la baie des pirates pour récupérer quelques ko de fichiers. Au même moment un contact éditorial trouvait que je brassais beaucoup d’air quand je pourrais simplement utiliser Times New Roman et en rester là. Saleté de contact éditorial. Parce qu’au point où j’en suis, à savoir la toute fin, tout fétiche est bon à prendre, au sens magique du terme. C’est-à-dire que si je peux gagner un micro pourcentage de chance supplémentaire en proposant une police et une mise en page agréables, je vais y aller. En roue libre sur l’autoroute de la typographie.

Alors maintenant, on fait quoi ?

Moi, en tout cas, j’attends.
Parce qu’aujourd’hui c’est le début de la trêve hivernale, des vacances pour (presque) tous. Ce n’est pas le moment de rappeler aux gens qui me doivent des faveurs qu’ils me doivent des faveurs. Ce n’est pas la période pour aller toquer aux portes dans le froid, plusieurs kilos de photocopies tout sauf éco-responsables sur le dos. Non. Je vais attendre janvier, mais janvier bien entamé pas lundi cinq à neuf heures pétantes. Mon année 2014 ne s’achèvera pas sur des prémices de démarchages, mais plutôt sur la satisfaction du défi relevé, le petit bonheur du travail accompli. J’aurai réussi à déblayer la plupart des obstacles à ce projet, qu’il s’agisse d’un concours qui tombe à l’eau, d’une béquille Nanowrimo qui ne me permet pas d’aller au bout, des moments de doute où je trouve ça nul, des moments de doute où je trouve ça sans intérêt.

Tout au long du périple, des amis, proches ou moins proches, pour me dire que c’était cool, comme projet, comme idée, comme histoire. Foultitude de gens qui m’auront aidé, certains par petites touches, d’autres sans le savoir, et d’autres encore avec des coups de pouce de titan, qu’il s’agisse de longs retours argumentés ou de corrections orthographiques de l’enfer. Je ne suis pas arrivé là seul, tout comme je ne pourrai pas faire le reste du chemin seul.

La semaine dernière, quelqu’un que je ne connais pas m’a envoyé un mail, me disant qu’elle se retrouvait dans un de mes précédent billet, qu’il la rassurait et je crois l’aidait un peu. J’espère que d’autres ce reconnaîtront dans celui-ci, ou qu’ils pourront bientôt s’y reconnaître.

De mon côté, je vais rentrer chez moi, manger, boire, lire, tout sauf écrire.
Parce que cette partie-là, sur ce projet-là, est terminée.

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