L’inauguration

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Je suis retourné à une inauguration du Salon du Livre, ce après plusieurs années d’abstinence. Soirée sur invitation où tout le monde est invité (« j’en ai eu sept » s’est exclamé un ami tandis que je n’en avais « que » deux). C’est l’unique moment de l’année où tous les acteurs du livre sont au même endroit : éditeurs, auteurs, wannabes, commerciaux, potes de potes et pique assiettes professionnels. L’entre soi taille Disneyland, où toutes les classes sociales de l’édition peuvent taper dans la même bouteille de champagne.

Mon appréciation personnelle de cette soirée est directement corrélée au nombre de potes que j’arrive à y croiser. Et cette année j’ai pu traîner en littérature générale, en BD, sur des stands plus obscurs, à rencontrer des gens pour la première fois tout comme retrouver d’anciennes connaissances. C’était le kif, les moments volés, le partage de flûtes en plastique, les idées de projets et autres promesses de s’envoyer un mail demain. C’était aussi la gueule de bois, de discuter avec les mêmes personnes depuis bientôt dix ans, et de voir ce que l’on devient, tous. Des tempes grisonnantes jusqu’aux divagations alcoolisées sur le sens de la vie, le sens de tout ça.

Je suis ressorti de cette inauguration en me souvenant qu’il s’agit finalement d’un petit milieu, où tout le monde ronchonne. Les auteurs luttent pour leur prochain projet, les éditeurs en ont marre (vraisemblablement de tout) et les pique assiettes sont quand même deg’ d’avoir loupé la pata negra de chez Urban Comics. Rageux de 7 à 77 ans. Mais j’ai vu de vieux amis qui deviennent vieux et je réalise que moi aussi, doucement. C’est pénible et un peu doux à la fois. Au moins il semble que l’année prochaine où dans dix ans on aura encore l’inauguration du Salon pour se plaindre ensemble. Ce qui est peut-être le seul truc mieux que de se plaindre seul.