Le grand marin / Catherine Poulain

J’ai reçu Le grand marin en cadeau quelques semaines avant sa sortie. Tu verras, c’est le meilleur bouquin de la rentrée, juré. J’avais alors dans les mains un petit pavé costaud de 400 pages. Il m’aura fallu un bon moment pour le lire. Dans l’intervalle Le grand marin s’est beaucoup vendu, commence même à apparaitre sur des listes de prix. Le moment ou jamais pour vous en parler.

5db1fe46fb3f29d7ddc882035192e22aa029334133005b8791658e1f56ae

Lily est une femme qui a quitté la France pour l’Alaska. Elle veut mettre sa vie d’avant derrière elle. A peine arrivée à Kodiak elle n’a plus qu’une idée en tête : aller pêcher en mer. Forceuse de compète elle finit par se trouver une place au milieu d’un équipage d’hommes tous plus bourrus les uns que les autres. Ce n’est qu’à force de travail acharné, de souffrances et de blessures qu’elle finira par se faire accepter à bord. Et c’est aussi là qu’elle croisera la route du seul capable de lui faire baisser sa garde, de reconsidérer sa fuite en avant, le grand marin.

Une rapide lecture de la quatrième de couverture confirmera que l’héroïne Lily est bien l’auteure Catherine Poulain, femme à la vie extraordinairement bien remplie. C’est sûrement aussi pour cela que tout sonne vrai, ce qui est à mon sens la plus grande force du livre. On sent l’avidité de cette femme pour la mer, la dureté des hommes en Alaska, le travail titanesque qu’est la pêche. Le récit ne s’embarrasse pas de décrire décor, bateaux et autres paraboles sur l’océan. Seul compte le travail, les mains qui se blessent, les habits détrempés qui pourrissent. On est dans quelque chose de très tactile et physique. Peu ou pas d’intrigues entre les longues parties de pêche. Quand Lily n’est pas sur un bateau, elle ne cherche qu’à reprendre la mer. C’est moins une histoire que le récit et la description d’une obsession que rien ne rassasie.

Et c’est peut-être pour cela que j’ai mis du temps à le lire. Je ne ressentais pas la nécessité de tourner les pages à toute vitesse. Je lisais comme on travaille, patiemment, morceau par morceau. Le grand marin arrive tellement tard que j’ai un moment cru que le titre me mentait. A ce moment Poulain ne parle plus que de la mer mais aussi de l’amour. Là encore les mots sont justes parce que vrais. Ce bout d’intrigue disparait comme il était venu, sans que l’on s’en rende vraiment compte, et puis c’est la fin du texte.

Le grand marin est un livre différent, qui parlent de sujets que je ne connais pas avec un style qui me les rends palpables. J’aurais aimé le dévorer à toute vitesse, mais ce n’est pas ce qui s’est passé. J’ai besogné pour arriver au bout, mais je ne regrette rien. Parce que c’est l’un des livres les plus singuliers que j’ai pu lire en littérature française actuelle.

On ne m’avait pas menti.