La porte des Enfers / Laurent Gaudé

« Mec t’as un flingue sur la tempe si t’aimes pas t’es dans la merde. »

Ainsi vont les lectures de livres offerts. Parce qu’à un moment la personne qui a choisi, payé, emballé et donné le bouquin que tu viens de finir voudra savoir ce que tu en as pensé. Et si t’aimes pas, c’est forcément au moins un peu vexant et tu es, effectivement, dans la merde. D’où ma relative fébrilité à la lecture de La porte des Enfers.

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Surtout que ça ne commençait pas super bien. Le roman suit deux intrigues parallèles dans la ville de Naples. Une, dans le présent, raconte un règlement de compte sanglant. L’autre, dans le passé, s’attache à suivre un père après que son fils unique fut fauché par une balle perdue. Tu sens bien qu’il va y avoir un rapport mais ce n’est pas encore très clair. Puis assez vite le livre décide de surtout s’attacher à ce père qui prend la décision d’aller chercher son enfant aux enfers et de le ramener. Le présent attendra.

Laurent Gaudé convoque alors un imaginaire à mi-chemin entre les représentations religieuses classiques de l’enfer, parsemée d’éléments plus mythologique, pour créer une poche d’univers que l’on se représente aisément. Le style aide, parfois lourd mais toujours très clair. Et quand, enfin, tous les éléments du puzzle viennent se mettre en place, le livre touche alors très juste. J’étais soulagé de ce que j’ai pu ressentir sur la toute fin. Soulagement, j’avais bien aimé.

La porte des enfers est un texte sur la parentalité, la mort, la vengeance et, en filigrane, la ville de Naples. Tout ne m’était pas destiné, mais les raisons pour lesquelles on me l’a offert ont tapé juste. Et j’ai beau me plaindre du style au début de ma lecture, je n’ai pas été capable de poser le bouquin jusqu’au bout.

Bouclé en quelques jours, la douceur de la couverture des éditions Babel sous la main, j’ai vraiment aimé ce premier flirt avec l’œuvre de Gaudé. Merci, donc.