Le blog dans ma tête

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Ce blog c’est un peu Jerry enfermé dans un casier pendant le générique de fin de Parker Lewis, en mode « Monsieur Lewis ? Monsieur Randall ? Vous êtes encore là ? ».

Parce qu’en vérité ouais, je suis encore là, malgré le fait que la mécanique soit cassée. Même pour les choses simples tout est un peu pété. Par exemple j’ai lu le premier tome de Vernon Subutex de Despentes (plaisant, sombre, déprimant, on verra pour le second) et là je termine The Fireman par Joe Hill (super pitch, horrible exécution, avec des astuces d’écriture niveau CE1 qui me rendent maboule). Pas certain de vous en dire plus ici, parfois je me dis que j’ai loupé le coche pour être booktuber (salut tout le monde j’espère que vous allez bien aujourd’hui c’est une vidéo un peu spéciale puisqu’on va parler de).

J’avais aussi très envie de vous raconter le marketing jeu vidéo autour de Mirror’s Edge 2, des gens qui veulent un truc mais en fait non, et des dérives du game design de ces dernières années mais qui suis-je quand d’autres le font si bien (et hop : https://youtu.be/gg0Nbfzo_00 et puis hop : https://youtu.be/TR-EuyU2hb8). Je pense qu’il y a aussi un excellent article à faire sur Beigbeder et la paternité, sur la base d’une étude comparée entre le livre Au secours pardon et le film L’idéal. Si personne ne l’a faite c’est probablement que tout le monde s’en fout de l’ami Frédo, sauf quand il cachetonne dans des pubs crasses avec des filles en slip. Je vous la fait en très court : devenir papa d’une petite fille dans le vrai monde ça crée des crises de conscience dans les textes mais ça soigne pas la misogynie.

Surtout j’ai pas mal repensé au temps où je n’avais aucun filtre entre mon cerveau et ce blog, le temps où je m’attirais des emmerdes en toute bonne foi, simplement parce que j’avais pas de stratégie de préservation. Maintenant je vis dans un monde où les collègues font des captures d’écran de tweets et où chaque ligne passe pour un subli (celle-ci en était un pour le coup). J’ai gagné en audience ce que j’ai perdu en insouciance. Bien sûr tout ça est en bonne partie de ma faute. Je pourrais me blinder et raconter au bulldozer, faire fi des conséquences. Je pourrais aussi faire comme tant d’autres, creuser un peu plus profond, me grimer, une personnalité de plus. J’y pense et je suis déjà épuisé. Je ne sais pas comment vous faites.

Alors j’écris ce blog dans ma tête, quand j’attends le métro, quand je nage ou quand je regarde le plafond à la maison. J’ai des tournures de phrase, des paragraphes, des organisations d’idées. Je vous imagine me lire, réagir, m’apporter ce que j’attends et que je n’obtiens pas. J’imagine le pire aussi, un peu. Il suffirait que je me lève et que j’ouvre Word en vérité ça me prendrait dix minutes de plus à rédiger, le taf est déjà fait c’est que de la dictée mentale à ce stade. Mais non. Sédentarisation à la case brouillon.

Au-delà du ouin ouin et des réflexions qui ne sortent pas de mon crâne, plein de choses se passent à côté, des jolis projets qui avancent avec tous les espoirs que ça génère. Tout ça je vous le raconte dans le blog dans ma tête, promis.