Mes foutus croissants

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Ma grand-mère n’était pas trop opée pour nous acheter des croquettes industrielles en guise de petit déjeuner. A la place elle faisait un stock hebdomadaire de croissants Pasquier. Si vous voyez pas, c’est des croissants industriels pré-cuits avec une teneur obscène de beurre. Du coup, chaque matin de chaque vacances dans la Drôme, elle en prenait quatre (deux fois deux pour mon frangin et moi) et les ouvrait avant de les foutre au four. Le temps de préparer le Nesquik et on récupérait des croissants brûlants, un peu cramés sur les côtés. C’est beaucoup trop bon, surtout au fin fond de la province, à flanc de montagne pendant l’été, là où personne ne vous voit grossir avant septembre.

Je ne sais pas si ça a vraiment un rapport avec tout ça, mais maintenant j’ai des montées d’obsession pour les croissants. C’est devenu ma go to pâtisserie. Le truc tellement parfait que tu lui rajoutes une barre de chocolat au milieu que ça devient moins bien. Le croissant c’est ce que j’achète quand j’ai un creux, quand ça va un peu mal ou simplement quand je passe devant et que je suis faible (euphémisme poli de « souvent »). C’est peut-être mon vice le plus français. Le corollaire de ça c’est que j’ai un besoin viscéral de tous les tester. C’est-à-dire que j’ai fait plusieurs fois le tour des boulangeries de mon quartier, de celles d’autour de chez mon ex, de celles de Lyon. Quand je passe une nuit pro à l’hôtel, quand il y a un petit déjeuner offert quelque part, c’est les croissants que je vais taper en priorité.

Sans non plus me prétendre connoisseur ou quoi que ce soit, je pense être devenu avec le temps une vraie saloperie question évaluation des croissants. Quand ils sont trop salés (plus que moi), pas assez beurrés, trop sec ou quoi que ce soit, je fais la moue. Force est de constater qu’un bon croissant, c’est vraiment rare. Et rien ne me met plus en bad que l’ascenseur émotionnel qui consiste de passer de l’envie qu’on assouvit à la déception qu’on doit tout de même manger jusqu’au bout. Heureusement depuis quelques semaines à côté de chez moi, la pâtisserie de Yann Couvreur (je fais pas genre je sais qui c’est ici en vérité je ne sais pas je donne le nom à toutes fins utiles c’est pas un billet sponso) a ouvert. Les croissants y sont cher, enfin, comparativement, et d’apparence un peu rustre. Mais c’est beaucoup de pression à tous les étages. Feuilletés à l’excès sans pour autant être secs, même en fin de journée, parfait dosage de beurre, je crois que j’ai trouvé ma nouvelle planque.

Tout ça pour dire que les grands-mères c’est vraiment top, que les croissants c’est méga bon et que plus on s’y connait et plus c’est dur de trouver le bonheur et la joie et la félicité. Mais moi, en ce moment, sur ce sujet, vraiment ça va. J’ai trouvé mes foutus croissants.