Yo salut tout le monde c’est le Doom Marine !

En ce moment je joue à Doom, le nouveau, celui qui est sorti au printemps.

Le jeu est vraiment bien, il est très beau, il tourne au poil, les commandes répondent bien et pew pew pew dans le crâne des vilains démons. On ne va pas se mentir je passe de bonnes soirées. Jouer à cet épisode de Doom c’est une expérience étrange pour une infinité de raisons parmi lesquelles plusieurs que je ne peux pas évoquer en public. Mais dans ce que je peux raconter, il y a ce souvenir étrange de stream pré-internet. Enfin, je veux dire par là que ça s’est passé il y a plus de vingt ans.

tumblr_o74bzwLrMh1qdvhtvo1_400

Quand j’étais méga môme, donc, je n’avais ni téléviseur ni ordinateur de bureau correct. J’avais une gameboy pocket et une carte de bibliothèque, ce qui est déjà pas mal entendons-nous bien. Tout ça pour contextualiser que que je n’avais pas accès aux nouveaux jeux qui t’en mettaient plein les mirettes. De ce temps-là, je n’avais pas accès à Doom. Par contre j’avais accès au fils de la meilleure amie de ma mère. Rebelle, chevelu et métalleux, c’était un vrai ado des années 90. Et forcément il avait PC de compétition, et forcément il avait Doom, et forcément il ne me laissait pas jouer car bien entendu. Mais je pouvais regarder.

Je me souviens des graphistes incroyables, je me souviens des démons baveux, du bruit du fusil à pompe qui se décharge sur les hordes démoniaques. Surtout je me souviens de ce jeune homme qui hurlait des insanités face à son écran. Non pas que le jeu ne lui mette les nerfs à vif non, il le faisait avant tout pour mon amusement. Parce qu’il traitait un cacodémon de tous les noms pendant qu’il le trucidait à la tronçonneuse j’étais hilare. Il en faut pas beaucoup pour faire rire un gamin : un jeu vidéo, du sang et un garçon plus âgé qui dit des gros mots. Ça reste un bon souvenir, quelque chose d’encore un peu gravé, tout ce temps plus tard.

Si ce souvenir remonte, c’est parce que je rejoue à Doom, mais aussi parce que je me laisse parfois aller à zoner sur les chaînes Youtube de streamers de jeux vidéo. PewDiePie, Squeezie et ses potes, qui singent l’attitude du mec de mes souvenirs : crier sur son écran très vite pour faire marrer les gosses. Et oui, c’est rarement subtil, c’est souvent problématique dans les invectives, mais je comprends pourquoi ça marche. Parce que j’ai eu mon PewDiePie personnel, à une époque pré-internet. Je comprends.

Aujourd’hui je ne profère pas d’insultes face à ma TV LCD alors même que je trucide des cacodémons next-gen avec une tronçonneuse HD. Mais je me souviens du moment où j’étais un peu jeune, un peu impressionnable, et où j’avais l’espace de quelques heures mon streamer personnel.