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En 2013 j’ai passé une semaine à Amsterdam avec l’Ex. Nous logions dans un sublime duplex en haut d’un immeuble sur les quais. Rien d’autre à faire qu’à courir les musées, manger des trucs bons, prendre des photos et se blottir sous la couette. C’était nos dernières vraies bonnes vacances, lorsqu’on pensait que ce serait une dernière respiration avant le reste de notre vie à deux, l’appart, le môme, la suite.

Je n’avais jamais remis les pieds ici en plus de trois ans. Je plaisantais sur le fait que la ville était à présent maudite, terre brûlée. Je ne pouvais pas y aller seul sans me laisser aller à la mélancolie, et je ne pouvais pas y amener quelqu’un d’autre. Ce point de la carte était passé dans les pertes et profits.

En pourtant m’y revoilà, dans l’appart de mon frère, à attendre que la tisane termine d’infuser. Je suis venu pour affaires, comme on dit, Thalys tous frais payés pour me rencontrer. J’ai serré des mains, j’ai déroulé ma vie une fois, deux fois, six fois en tout. Une journée à parler anglais, articuler, chercher le bon prétérit, avec le sourire. Encore quelques minutes et l’infusion sera prête, je pourrai me rouler dans mon sac de couchage devant un dessin animé.

Demain c’est ma journée aux frais de la princesse, déplacé, logé, blanchis. Je n’ai rien de spécial à faire. J’ai déjà bouclé le sujet musée la dernière fois, j’ai fait le tour des boutiques de fringues, des attrapes-touristes (avec du fromage), des ruelles hautement instagrammables, jusqu’au space cake « tu sens quelque chose toi ? ». Sois je me perds plus profond soit je retrace mes pas. Dans tous les cas j’ai besoin de prendre la mesure du lieu, à nouveau. Ce sera un samedi étrange, et dimanche il faudra rentrer.

Je n’ai aucune idée de ce que je pense de cette ville et de ce qu’elle est censée représenter, entre les vacances d’avant, la nouvelle maison de mon frère, mes rendez-vous d’aujourd’hui et tout ce que je ne sais pas encore. Mais pour l’instant j’y suis et je vais m’y coucher.