Petit grand oral

Ce mardi 19 juin avait lieu la réunion de rentrée à destination des libraires du collectif Anne Carrière. Nous étions, éditeurs et auteurs, assis autour de nos livres sur la belle scène de la Maison de la poésie, face à un parterre de libraires. L’objectif : leur donner envie de lire nos nouveautés et leur transmettre quelques clefs sur nos intentions, nos envies et espoirs. Petites mains en première ligne, c’est en grande partie par eux que le succès et/ou la renommée d’un livre commencent. Une heure pour parler de dix livres, donc. Cinq minutes pour le mien, deux minutes pour moi, j’ai fait ce que j’ai pu (j’avais promis de balbutier, ce fut fait).

Puis, après la petite prestation scénique, tout le monde s’est retrouvé autour d’un buffet x bar pour échanger autour des livres, des librairies, de l’édition en général. Il fallait que je me rende disponible voire, rêvons un peu, que je me lance à la rencontre de nos invitées et invités, afin de recueillir leurs premières impressions et idéalement de leur en laisser une bonne.

Ce furent près de deux heures de représentation publique, de rires, de confidences entrecoupées de longs moment de timidité. Et plutôt que de tenter de tout restituer pêle mêle, je préfère vous partager mes instants préférés :

– Cette dame qui m’a attrapé dès la sortie de scène pour me confier qu’elle avait très envie de lire mon livre, avant de m’avouer qu’elle n’était pas libraire mais bibliothécaire, en espérant ne pas m’avoir déçu (impossible car : j’adore les bibliothécaires).

– Le moment où mon éditeur a commencé à trifouiller les sacs de livres à destination des libraires afin de pouvoir faire un bel Instagram avec ma couverture partout. J’aime être accompagné par quelqu’un d’aussi nerd 2.0 et plus forceur encore que moi (j’étais mortifié mais fier mais mortifié).

– Cette libraire du onzième bien trop alerte qui m’a affirmé être persuadée de m’avoir déjà vu rôder dans sa librairie (et c’est vrai). Je me suis confondu en balbutiements car je sais que je n’y achète pas souvent, mais j’ai promis de revenir lui demander son avis sur Objet Trouvé dans quelques semaines.

– Quand les boss de la diffusion de la maison mère de mon éditeur sont venus me féliciter pour mes quelques mots, m’en demander un peu plus sur moi, et me garantir que mon roman tournait bien chez les représentants « je n’ai pas pu l’avoir ils se l’échangent sans cesse il parait que c’est très bien ! »

– Enfin, lorsque j’ai vu mon éditeur, toujours un verre à la main et après avoir vanté mes mérites, commencer à brancher les libraires sur ses précédents livres du printemps, n’hésitant pas à continuer de défendre ces auteurs, ces textes, plusieurs mois après leur sortie.

Je crois que c’était le signe pour moi de décoller, partant du principe que les libraires ayant souhaité s’entretenir avec moi s’étaient manifestés, et que j’avais, de mon côté, épuisé ma faible capacité à l’audace et au culot. Je suis parti en repensant à Jean-Baptiste, que j’ai envie d’imaginer en janvier prochain, un verre à la main, continuer à me défendre.

Cette soirée était la dernière, ultime obligation, après les choix autour de l’objet livre (couverture, épigraphe, remerciements), les corrections, l’envoie à la presse. Présenter le livre aux libraires était ma dernière activité actée, prévue au calendrier. Représentants, presse et libraires ont Objet trouvé entre les mains, je ne peux que me rendre disponible au besoin. Je suis en vacances.